L’éviction d’Olivier Nora marque une rupture dans la culture. Dans les heures qui ont suivi l’annonce de son licenciement, plus d’une centaine d’auteurs ont quitté Grasset. En quelques jours, les réactions de soutiens se sont multipliées. Des émissions de radio et de télévision ont été consacrées à l’affaire, tandis que, dans la presse, plus de trois cents auteurs et acteurs du monde de l’édition ont appelé à la création d’une clause de conscience pour les auteurs, sur le modèle de celle dont bénéficient les journalistes.
Cette émotion est à la mesure de la place qu’occupait Olivier Nora dans le paysage culturel et intellectuel. A la tête de la fameuse maison depuis un quart de siècle, il avait su gagner, au-delà des sensibilités politiques et littéraires, l’estime d’une grande partie du monde de l’édition. Son limogeage par Vincent Bolloré apparaît donc, à juste titre, comme une décision brutale, autoritaire et profondément inquiétante. Un fait du prince, sans égard pour l’histoire de cette maison et pour ceux qui la font vivre.
.

Leave a Reply