Ça n’a pas traîné. Mercredi 15 avril, on apprenait que Vincent Bolloré mettait fin aux fonctions d’Olivier Nora, PDG de Grasset depuis l’an 2000 – une rupture qui semblait inexorable au vu des tensions croissantes entre les deux hommes. Le soir même, dans une ambiance de serment du Jeu de paume éditorial, les principaux auteurs de la maison se rassemblaient à l’étage du Café Beaubourg, à Paris, pendant que les absents intervenaient sur la boucle WhatsApp créée dans la journée. Les débats étaient notamment menés par Colombe Schneck et une Virginie Despentes très remontée. En 2019, dans une interview à Society, la même Despentes se félicitait d’avoir touché “une douche de thunes” grâce à l’adaptation de Vernon Subutex par Canal + (racheté par Vincent Bolloré en 2011). Mais en quelques années les choses ont changé…
Malgré la variété des profils réunis au Café Beaubourg, un texte est sorti du brouhaha, puis a paru sur le site du Figaro, signé par 115 auteurs qui y annoncent leur départ de Grasset, ne voulant plus que leur travail soit la propriété de Vincent Bolloré (ce qui, dans les faits, est le cas depuis 2023). D’autres noms se sont ajoutés à la pétition, portant le total à plus de 180, comme dans la fameuse tirade du Cid (“Nous partîmes cinq cent ; mais par un prompt renfort nous nous vîmes trois mille en arrivant au port…”) ou dans Rhinocéros d’Eugène Ionesco. Entre tragédie et comédie, jusqu’où ira l’effet de groupe ? La liste est disparate, mêlant camarades historiques d’Olivier Nora (Bernard-Henri Lévy et Jean-Paul Enthoven), stars établies, inconnus au bataillon et écrivains ne publiant déjà plus chez Grasset comme Anne Berest, Dominique Bona ou Gaspard Koenig.
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