La judoka Shirine Boukli vise un cinquième titre aux championnats d’Europe, « sa compétition »

Ses concurrentes aux championnats d’Europe de judo en font des cauchemars. A 27 ans, Shirine Boukli n’a jamais perdu un combat dans le tournoi continental depuis sa première participation, à Prague, en 2020. Sofia (Bulgarie) en 2022, Montpellier en 2023 et Podgorica (Montenegro) en 2025… La Gardoise cumule quatre sacres, avant le coup d’envoi de l’édition 2026 à Tbilissi, jeudi 16 avril.

« C’est ma compétition. Je l’ai gagnée à chaque fois, ce qui la rend particulière », déclare la combattante en − 48 kg, qui vise la passe de cinq en Géorgie. En cas de succès, elle égalerait ses compatriotes Teddy Riner, Clarisse Agbégnénou ou encore Romane Dicko – qui aura l’occasion de glaner un sixième titre, dimanche, en + 78 kg. Et dire qu’il y a six ans, Shirine Boukli ne devait même pas être du voyage en République tchèque. « Finalement, ça a été le déclencheur de tout », se remémore-t-elle.

Depuis, Shirine Boukli s’est bâti un beau palmarès : une médaille d’argent mondiale en 2023, une médaille de bronze olympique en individuel et une autre, en or, par équipes, à Paris, en 2024. La période qui a suivi les Jeux a toutefois été marquée par quelques déconvenues. En juin 2025, elle n’a terminé que cinquième des Mondiaux. En décembre de la même année, elle s’est fait éliminer dès le premier tour du Grand Slam de Tokyo. Même désillusion lors du rendez-vous de Tachkent (Ouzbékistan), le 27 février 2026.

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« On se demande parfois quand est-ce que l’on va se sentir cohérente, la tête alignée avec le corps, témoigne-t-elle. C’est frustrant de savoir ce que tu vaux, mais que ça ne se répercute pas sur le tapis. » Son succès au Grand Slam de Paris, une étape importante du calendrier international, le 7 février, l’a néanmoins un peu rassurée. « C’était mon deuxième succès à Bercy et j’en suis fière, reconnaît-elle auprès du Monde. Même si on ne doute pas de ses capacités, ça fait du bien d’avoir le déclic quand on a commencé une saison de manière délicate. »

« Garder l’envie et se renouveler »

Shirine Boukli affiche aujourd’hui la force tranquille d’une judoka d’expérience. « J’ai passé une étape de ma carrière avec cette médaille [de bronze] aux Jeux, explique-t-elle. J’ai à cœur d’être encore meilleure. J’ai commencé le judo à 4 ans et j’en ai 27. Il faut garder l’envie et se renouveler. Je suis dans cette phase. »

Au sein d’une équipe de France féminine rajeunie, la Gardoise joue désormais le rôle d’ancienne. « Que ça soit Melkia [Auchecorne, 21 ans, − 70 kg] ou Kaïla [Issoufi, 25 ans, − 78 kg], on leur a déjà dit que si elles avaient besoin de quoi que ce soit, on était là pour répondre, affirme-t-elle, consciente de la richesse et de la densité du vivier tricolore. Il y a beaucoup de monde chez les Bleues. Des remplaçantes ont déjà eu des médailles. On a des machines dans toutes les catégories, parfois même deux ou trois. »

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La course à la qualification pour les JO 2028 à Los Angeles (Californie) commence officiellement à la mi-juin, avec le Grand Slam d’Oulan-Bator (Mongolie). « Les points pour les Jeux commencent bientôt. Ce n’est pas un sprint, mais il faut avoir l’état d’esprit de tout prendre », assure Shirine Boukli. A Paris, cinq des sept Françaises engagées s’étaient invitées sur le podium, aucune sur la plus haute marche. En Californie, l’objectif de la judoka est clair : « Etre championne olympique. » En espérant d’ici là avoir continué de garnir son armoire à trophées continentaux.

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