Soyons clairs : en l’absence du malade, impossible de poser réellement un diagnostic. Déterminer si un patient souffre d’un trouble psychiatrique ou neurologique demande un ou plusieurs entretiens en face-à-face, la description de ses symptômes par le patient, l’observation de signes apparents, et dans un certain nombre de cas des examens sanguins ou d’imagerie. Mais s’agissant de personnages publics, il reste néanmoins possible de poser des hypothèses. C’est en tout cas l’avis du psychiatre clinicien et docteur en neurosciences Patrick Lemoine, qui s’était essayé à l’exercice en publiant en 2019 La santé psychique de ceux qui ont fait le monde (Odile Jacob, 283 pages, 22,90 euros). En “décortiquant les biographies”, en “dénichant les anecdotes” et en “traquant les bizarreries”, il y expliquait pourquoi Winston Churchill était probablement bipolaire, Staline paranoïaque et le général de Gaulle… parfaitement sain d’esprit. Ce médecin a accepté de renouveler l’exercice pour le patient Trump, dont le comportement de plus en plus erratique ne cesse de déconcerter le monde. Entretien.
L’Express : Beaucoup de vos collègues disent qu’un médecin ne devrait pas se permettre de poser de diagnostic, ni même d’émettre d’hypothèses, en l’absence d’examen clinique. Pourquoi estimez-vous, de votre côté, qu’il est possible de le faire pour des personnalités comme Donald Trump ?
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