La prison à perpétuité, peine assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans a été requise, dimanche 12 avril, à l’encontre de Gabriel Ory, et dix-huit années de prison contre Amine Oualane, deux chefs présumés de la DZ Mafia accusés d’avoir aidé à préparer un double assassinat en 2019.
L’avocate générale a aussi requis la réclusion à perpétuité contre les commanditaires présumés, Karim Harrat et Walid Bara, et un mandat d’arrêt contre ce dernier, en fuite. Elle a requis trente ans de prison contre du tireur présumé, Zaineddine Ahamada et son complice Adrien Faure, accusé de lui avoir ouvert la chambre des victimes et prêté son arme.
En conclusion d’un réquisitoire de trois heures, l’avocate générale a demandé à la cour de rappeler aux accusés, des détenus « particulièrement surveillés », au passé criminel chargé pour cinq d’entre eux, mis en examen dans plusieurs homicides liés au narcotrafic, qu’« ils sont des justiciables comme les autres ».
« La vie humaine, quelle qu’elle soit, a de la valeur », a-t-elle martelé. « Ce n’est pas le procès d’un clan marseillais qui a semé la mort à Marseille ces dernières années puisqu’il n’existait pas en 2019 , a-t-elle aussi rappelé, en référence au groupe DZ Mafia. C’est le procès de six hommes, animés par un seul but, tuer un homme. »
Nombreux incidents
Gabriel Ory et Amine Oualane, la trentaine et emprisonnés depuis de longues années déjà, sont soupçonnés de diriger de la prison ce groupe criminel devenu prééminent dans le trafic à Marseille et désormais au-delà, s’étendant également dans le racket.
Les faits jugés remontent au 30 août 2019 alors que le groupe criminel DZ Mafia n’est pas encore formé : une femme de ménage d’un hôtel Formule 1 proche de Marseille découvre dans une chambre les corps de deux hommes exécutés par balle.
L’un d’eux est Farid Tir, 29 ans, sorti de prison un an plus tôt. Son identité avalise l’hypothèse du règlement de comptes sur fond de rivalités dans le trafic de drogue. La seconde victime, son ami Mohamed Benjaghlouli, qui partageait sa chambre, apparaît comme une victime collatérale.
L’avocate générale a aussi mis en avant la nécessité pour la justice de poser « une limite » aux « agissements mortifères » de jeunes des cités marseillaises, qui ont basculé en quelques années de la délinquance de droit commun à la grande criminalité.
Le procès, qui a débuté le 23 mars, a pris plusieurs jours de retard notamment du fait de nombreux incidents pendant l’audience, et devrait se terminer lundi.
