Hugo Micheron : “Avec l’IA, la force de frappe des Etats-Unis a été décuplée”

A quoi assistons-nous depuis le début de la guerre en Iran ? Quel rôle y joue l’IA d’un point de vue militaire ? Quelle place ont prise les géants de la tech dans la défense ? L’Europe regarde-t-elle passer les trains ?… Professeur associé à Sciences Po Paris, arabisant, spécialiste du Moyen-Orient, du djihadisme et de l’IA, Hugo Micheron est l’invité des Grands entretiens d’Anne Rosencher. L’intégralité de l’échange est à regarder en vidéo sur YouTube et Dailymotion, ou à écouter sur les plateformes traditionnelles de podcast, comme Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.

Anne Rosencher : En vingt-quatre heures, le 28 février, 1 000 cibles ont été touchées en Iran par les Etats-Unis et Israël. Le chef du commandement central américain Brad Cooper a dit à propos de ce bilan que “les outils d’IA avancés ont transformé des processus qui prenaient des jours en quelques secondes”. Que fait l’IA dans cette guerre que l’homme ne faisait pas avant ?

Hugo Micheron : Le premier effet direct de l’IA sur les conflits est ce qu’on appelle le “passage à l’échelle” : on fait beaucoup plus avec beaucoup moins. Des milliers de décisions sont prises en quelques secondes, d’une façon inaccessible à un cerveau humain aussi affûté soit-il, pour des raisons de tension cognitive évidente. Un autre cas d’usage, dans la même guerre, est l’épisode qui a mené à l’élimination de Khamenei. On possède en la matière un point de comparaison historique : la traque contre Ben Laden, qui a duré dix ans, et dans laquelle la technologie a joué un rôle assez secondaire, l’essentiel étant alors fondé sur le renseignement humain. Pour Khamenei – même si les circonstances étaient différentes – il y a une évidente compression du temps, avec une opération sur le terrain dans laquelle la technologie a joué un rôle central.

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