“Je suis devenu bègue jusqu’à mes 17 ans” : Vladimir (The Voice 2026) raconte son enfance traumatisante à cause de la guerre en Géorgie – Télé-Loisirs

Chanter pour “guérir” du passé. Depuis le 28 février dernier, The Voice est de retour sur TF1 avec une quinzième saison explosive. Une édition 2026 pleine de nouveautés : armes secrètes, nouvelle mécanique, co-coachs durant les auditions à l’aveugle, à l’instar de Kendji Girac ce samedi 11 avril, après Matt Pokora et avant Louis Bertignac et Zazie. Justement, lors de cette septième soirée de Blind, les jurés ont fait la connaissance de nouveaux talents.

Parmi eux : Vladimir ! À 38 ans, le candidat d’origine géorgienne vit à Berlin, en Allemagne. Lors de son passage, le chanteur et comédien a impressionné le quatuor de coachs avec une reprise au piano de Je suis malade de Serge Lama. Lors d’un entretien accordé à Télé-Loisirs, Vladimir est revenu sur son audition à l’aveugle et s’est confié sur son enfance dans un pays en guerre. Rencontre.

“Ce jour-là, je suis né une deuxième fois” : Vladimir (The Voice 2026) évoque l’impact de la scène sur son bégaiement

Télé-Loisirs : Vous êtes né en Géorgie en 1987. Quels souvenirs gardez-vous de vos premières années là-bas ?
Vladimir :
J’ai quitté le pays à 6 ans avec mes parents à cause de la guerre civile. Mon père était officier dans l’armée. Il avait servi en Afghanistan et avait été blessé à deux reprises. Comme il ne voulait plus se battre, il a déserté et c’est pour ça qu’on a fui la Géorgie.

La violence de ce conflit m’a traumatisé à tel point que je suis devenu bègue jusqu’à l’âge de 17 ans. Nous avons trouvé refuge en Allemagne car c’était le premier pays qui pouvait nous accueillir. Ça a été très difficile de grandir et de m’intégrer dans un pays si différent du mien.

Depuis ce départ forcé, avez-vous eu l’occasion de retourner en Géorgie ?
Il était très difficile pour moi de revenir dans mon pays. Je travaille beaucoup sur moi pour faire disparaître ce traumatisme. Je n’y suis donc retourné que pour mes 35 ans — j’en ai 38 ans — afin de voir mes proches pour la première fois depuis toutes ces années. Ça a été un voyage très émouvant.

À quel âge la musique est-elle arrivée dans votre vie ?
C’est arrivé très tôt. J’ai commencé le piano à 8 ans et je suis tombé amoureux de cet instrument. Pour la première fois, je n’avais pas besoin de parler pour m’exprimer. La musique le faisait à ma place. Durant les concerts, le public pouvait enfin entendre ce que j’avais à dire.

Je n’avais pas beaucoup de copains à cause de mon bégaiement. Le piano est devenu mon meilleur ami. J’étais très déterminé et je jouais chaque jour. Mes parents devaient m’arrêter car j’y passais des heures. J’ai vite progressé et j’ai commencé les compétitions dès l’âge de 14 ans. Je pensais devenir concertiste.

Vous avez bégayé jusqu’à l’âge de 17 ans. Comment avez-vous réussi à dépasser ce blocage ?
À l’adolescence, j’ai intégré le groupe de théâtre de mon école. Un jour, mon professeur m’a proposé de réciter Prométhée, un poème de Goethe, lors d’un spectacle de fin d’année. Le fait de me retrouver sur scène m’a fait me sentir bien.

Les rimes ont permis à mon cerveau d’anticiper le texte et j’ai pu réciter le poème sans bégayer. C’était une première pour moi. Ce jour-là, je suis né une deuxième fois et j’ai compris que ma vie était sur scène.

“Ça a marqué le début de mon chemin de guérison” : Vladimir (The Voice 2026) justifie son choix de chanson lors des auditions à l’aveugle

À quel moment avez-vous compris que vous vouliez devenir chanteur ?
Après l’école, je me suis installé à Munich. J’ai décroché un job au théâtre national en tant qu’assistant du directeur. J’y ai rencontré Melanie Petcu, une chanteuse d’opéra et professeure de chant. Elle a été ma première coach vocale et elle l’est encore aujourd’hui.

Lors de la première leçon, elle m’a fait écouter Je suis malade de Serge Lama, interprété par Dalida, puis la version de Lara Fabian. Ce cours m’a donné envie de me confier sur ma vie. Je n’avais parlé à personne de mes traumatismes avant ça. C’était le 11 janvier 2008… Une date dont je me souviendrai toujours. C’est à partie de ce moment que la chanson française a commencé à m’obséder.

Vous faites partie des 130 talents qui participent à The Voice 2026. Comment avez-vous intégré le casting ?
J’ai appris que Lara Fabian et Amel Bent seraient dans le jury de The Voice alors que j’étais au Canada pour mon show sur Edith Piaf. Avec mon agent, on s’est dit que ce serait une belle opportunité pour me faire connaître en France. C’est un pays que je porte dans mon cœur.

Vous avez interprété Je suis malade au piano lors des auditions à l’aveugle. Pourquoi avoir choisi ce morceau ?
Ce titre a marqué le début de mon chemin de guérison. Comme j’étais bègue, je me sentais “malade”. Cette chanson m’a permis de transformer ma douleur en art. Interpréter ce morceau devant Lara Fabian et des millions de téléspectateurs a été un accomplissement.

Comment avez-vous vécu votre duo improvisé avec Lara Fabian ?
Ça a été un moment de sincérité. J’ai senti une vraie connexion entre nous. On ne se connaissait pas, mais on s’est reconnus à travers cette chanson. J’ai trouvé ça irréel. Je ne m’y attendais pas. C’était un rêve éveillé, même si ce n’était pas évident.

Lara a demandé à chanter en Do mineur, ce qui est la tonalité la plus dure à jouer pour un pianiste. [Il rit.] Je ne savais pas non plus si je devais chanter tout le morceau ou juste un extrait. Ça a été beaucoup d’un seul coup, mais c’est un souvenir incroyable.

Sans surprise, vous avez choisi de rejoindre l’équipe de Lara Fabian. Comment auriez-vous réagi si elle ne s’était pas retournée.
J’aurais quand même été heureux et fier de moi. Je serai parti avec Amel Bent, que j’adore. Choisir Florent Pagny, l’un des plus grands artistes français, et Tayc aurait également pu être une super stratégie. Mais dans mon cœur, le choix le plus approprié restait Lara.

Source link

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *