Après six semaines de conflit, la guerre en Iran continue d’inquiéter les Français… Et ceux-ci ne croient pas à une issue rapide. Selon notre étude Ipsos-Cesi école d’ingénieurs pour La Tribune Dimanche, plus de 80 % d’entre eux pensent que le cessez-le-feu annoncé mardi 7 mars par le président américain Donald Trump ne durera pas. Un scepticisme surtout partagé par les sympathisants du bloc central, moins par ceux de La France insoumise.
Dans cette même perspective, les sondés jugent de plus en plus sévèrement l’action des États-Unis et de leur allié israélien, dont les frappes au Liban mercredi ont fait plus de 350 morts. Les trois quarts du panel désapprouvent l’action de l’État hébreu et de Washington, quand ils étaient moins de 70 % il y a un mois. Cette hostilité se retrouve surtout chez les sympathisants de gauche, choqués par la guerre à Gaza. Ainsi 92 % des électeurs Insoumis s’opposent-ils à l’action d’Israël quand ils ne sont que 61 % à désapprouver celle de l’Iran.
A LIRE AUSSI
« Ça passe ou ça casse » : les négociations de paix entre l’Iran et les Etats-Unis vont débuter à Islamabad
Plus de la moitié des sondés approuvent en revanche l’action de la France. Seuls ceux proches du Rassemblement national et de La France insoumise sont en majorité critiques. « Ils estiment que la France en fait soit trop soit pas assez, éclaire Brice Teinturier, directeur général de l’Ifop. Les sympathisants LFI estiment probablement qu’elle n’est pas assez critique envers les États-Unis et Israël. » Au début du conflit, la proportion de personnes interrogées opposées à la conduite française était légèrement supérieure.

Lorsque l’on interroge les Français sur ce qui, dans cette guerre, les préoccupe, 32 % se disent « très inquiets » quant à une extension du conflit au-delà du Moyen-Orient, et 31 % redoutent de la même manière que la France y soit directement impliquée. Mais le premier sujet de crainte reste la hausse des prix des carburants (53 % sont « très inquiets », dont 67 % des sympathisants du RN). L’enquête a été menée juste avant que les prix à la pompe n’amorcent leur lente décrue : ils commençaient à baisser de quelques centimes par litre vendredi 10 avril.
A LIRE AUSSI
Commerce mondial : après le choc Trump, les entreprises face au spectre de la guerre
Si l’exécutif s’est refusé à des aides financières d’ampleur faute de moyens, plus de deux Français sur trois (68 %) plébiscitent un dispositif de blocage des prix ou une baisse provisoire des taxes. Même chez les proches des Républicains, pourtant plus souvent partisans de l’idée de serrer les cordons de la bourse. Les sympathisants RN, LFI et PS adhèrent aussi à l’idée. Plutôt que de nouvelles mesures de soutien liées au carburant, Sébastien Lecornu a présenté vendredi soir son plan d’électrification de l’économie, arguant qu’importer du pétrole et du gaz revenait à « import[er] les crises des autres ».
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.




Leave a Reply