Le 2 avril a pris fin le mandat électif de Mohamed Bazoum, le président du Niger élu en 2021 pour un mandat de cinq ans. Comme il est privé de pouvoir depuis qu’il a été renversé par le chef de sa garde présidentielle, le 26 juillet 2023, ce n’est pas le bilan d’une action politique que cette date appelle mais le décompte de sa détention : pendant 981 jours et nuits, il a été détenu à la présidence à Niamey, plus précisément dans un petit salon et l’ancienne chambre — sans fenêtre — de l’un de ses enfants. Pendant tout ce temps, Mohamed Bazoum a refusé de signer sa démission, d’abdiquer de son droit en cédant à la force. Depuis le 2 avril, ce combat n’a plus d’objet. Mais le décompte se poursuit : plus de mille jours désormais… Prisonnier politique il fut, otage il reste.
L’actualité internationale est suffisamment fournie et grave en ce moment pour qu’il faille justifier l’attention prêtée à un seul détenu, fût-il ex-président, et à ce qui pourrait passer pour un baroud d’honneur dans un bac à sable sahélien. La principale raison, la plus fragile dans le monde tel qu’il est, a trait à la rectitude de Mohamed Bazoum. Elle force l’admiration, et pas seulement en pensant à l’homme de 66 ans qui tourne en rond dans une chambre orbe, muni d’un lit, d’un vélo d’exercice et de quelques livres, dont Hamlet et Guerre et paix ; ou à son épouse Hadiza qui, libre de partir depuis août 2024, a préféré rester à ses côtés. Car voici un président — sur un continent dont on ne cesse de dénoncer les dirigeants “pourris” — qui a mérité de son pays.
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