Franchise : les secteurs qui marchent… et ceux qui sont en panne

Les centres-villes ne déclinent pas ; ils se transforment. Dans un monde de plus en plus numérisé, ils retrouvent même de la valeur en s’affirmant comme des lieux de lien social, de plaisir et de loisirs. Dans ce contexte, les commerces ont un rôle majeur à jouer, à condition de savoir s’adapter.

Longtemps soupçonnée de standardiser nos centres urbains, la franchise bénéficie aujourd’hui d’une bonne image auprès des élus. Face à la concurrence d’Internet et des “boîtes à chaussures” installées en périphérie, les rues commerçantes s’appuient de plus en plus sur les réseaux, qui leur apportent notoriété et visibilité. Ce sont surtout ces marques qui permettent d’attirer les jeunes générations ce qui, par ricochet, bénéficie aux magasins indépendants.

Entre numérisation forcée et quête d’authenticité, le paysage de nos cœurs de ville subit une mutation radicale. Revue de détail.

Les secteurs en forme

Restauration

Ce secteur est devenu le premier employeur du commerce en centre-ville avec la création de quelque 100 000 emplois entre 2019 et 2024, indique Vie Publique). En 2024, l’ensemble de la restauration représentait près de 15 % de l’offre commerciale de ce périmètre, selon Procos. Les concepts de restauration rapide, mais qualitative (poke bowls, coffee shops, street food gourmet), baptisés “fast good” ont le vent en poupe.

Bien-être & santé

Les commerces liés au fitness, à la relaxation (yoga), au soin ou à la nutrition personnalisée trouvent leur place en centre-ville grâce à leur ancrage de proximité (non délocalisable) et à leur dimension humaine. Les ongleries, instituts de beauté et barbiers se révèlent les plus dynamiques (+12 % de créations d’entreprises en 2025, selon l’Insee).

Alimentation spécialisée et circuits courts

Les consommateurs recherchent de plus en plus les produits du terroir, bio et de qualité. Ils plébiscitent les boucheries et poissonneries artisanales (viande locale, poisson frais), les fromageries et cavistes (produits AOP, vins naturels). Les cafés torréfacteurs et boulangeries “authentiques” résistent bien avec une hausse de fréquentation de 10 % en 2025, indique Procos.

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Commerce de niche et artisanat

Les consommateurs privilégient l’authenticité et le savoir-faire local, surtout pour des achats « plaisir » ou cadeaux : artisans d’art (céramistes, bijoutiers, ébénistes), librairies indépendantes (avec espaces café, rencontres d’auteurs), boutiques de décoration et design (meubles upcyclés, objets uniques) ou encore fleuristes (ateliers de composition, abonnements).

Les secteurs en panne

Chaussures, vêtements

Le déclin de ce segment a entraîné la perte d’environ 50 000 emplois en dix ans (source vie publique). En centre-ville, les défaillances se multiplient, notamment dans les commerces de milieu de gamme (Camaïeu, San Marina, Burton, etc.). La concurrence de l’ultra-fast-fashion (Shein) et de la seconde main numérique (Vinted) a brisé leur modèle.

L’équipement de la maison

Les magasins d’électroménager ou de meubles volumineux désertent les centres-villes au profit des zones périphériques, plus accessibles en voiture et aux loyers moins élevés (-15 % de points de vente depuis 2020, source : Xerfi). Le secteur souffre également de la concurrence des pure players en ligne.

Les agences de services traditionnelles

Les banques, compagnies d’assurances et agences de voyages renoncent progressivement à leurs vitrines physiques au profit de la numérisation. Entre 2010 et 2020, le secteur bancaire a fermé plus de 3 750 agences, soit une baisse d’environ 10 % du réseau, selon les sources sectorielles. Les boutiques de voyage qui proposent une offre et des services haut de gamme résistent davantage.

Produits culturels

Les disquaires et les vidéoclubs se raréfient, remplacés par le streaming. En raison de la baisse des ventes de journaux, les Maisons de la presse (-30 % de points de vente depuis 2010, selon le Syndicat de la Presse ferment les unes après les autres, sauf celles qui diversifient leur offre (café, produits locaux). Dans le secteur culturel, seules les librairies indépendantes tirent leur épingle du jeu.

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