C’est un serment prêté dans le huis clos du bureau personnel de J.D. Vance, l’une des 33 pièces de la résidence officielle du vice-président américain, à trois kilomètres de la Maison-Blanche. “Si vous voulez que je me déplace à Budapest pendant la campagne électorale, vous n’aurez qu’à demander”, lance le “VP” au Premier ministre hongrois, en visite à Washington ce 7 novembre 2025. Réponse de Viktor Orban : “Je vous remercie, si j’ai besoin de vous, je vous appellerai.” Cinq mois plus tard, le coup de fil a été passé et la visite promise tenue, les 7 et 8 avril, dans la dernière semaine avant les législatives du 12.
Rod Dreher n’y est certainement pas pour rien. Cet essayiste conservateur, né en Louisiane, est l’une des chevilles ouvrières de ce rapprochement transatlantique. Il faisait partie des happy fews à passer le perron à colonnes blanches de la résidence de J.D. Vance en compagnie de Viktor Orban à l’automne dernier. Ami de longue date du VP américain, Dreher a rencontré Orban pour la première fois en 2018, lequel espérait alors que Budapest devienne son “foyer intellectuel”. Quatre ans plus tard, il y pose ses bagages. L’intello réac aux faux airs de beatnik œuvre au sein du think tank Danube institute, en tant que directeur du “Network project”. Sa mission : faciliter des rencontres entre penseurs et politiciens conservateurs à travers l’Europe et les Etats-Unis. Et au passage, prêcher la bonne parole d’Orban. Rod Dreher n’est pas le seul sur ce créneau. En 16 ans de règne, le gouvernement Orban a financé une myriade d’organisations destinées à cultiver et exporter “l’exception hongroise”. En bref, à évangéliser l’Europe… pour mieux la subvertir.
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