La police vénézuélienne a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants réunis à Caracas, jeudi 9 avril, pour aller réclamer des augmentations de salaire devant le palais présidentiel de Miraflores, rapporte l’Agence France-Presse (AFP). « Allons jusqu’à Miraflores » ; « Ils ont peur que le peuple arrive jusqu’à Miraflores », criaient les quelque 2 000 manifestants aux forces de sécurité dans un face-à-face rapproché.
Des agents de la police antiémeute armés de boucliers de protection ont tiré des gaz lacrymogènes pour contenir les manifestants encore dans le centre de Caracas, à quelques kilomètres du palais de Miraflores.
Les manifestations sont rares au Venezuela depuis la vague de répression contre les rassemblements de l’opposition au président déchu Nicolas Maduro contestant sa réélection en 2024. Les syndicats et les travailleurs se plaignent de salaires « de misère » gelés depuis quatre ans.
Mercredi, la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a promis, au 1er mai, une « augmentation responsable » des salaires, érodés par des années d’inflation et un effondrement de l’économie au cours des dix dernières années.
Un salaire minimum mensuel de 0,27 dollar
« Ça suffit, les mensonges, les pseudo-augmentations de salaire. Ils veulent faire passer pour hausse de salaire une augmentation des primes versées par le gouvernement », témoigne Mauricio Ramos, retraité de 71 ans.
Le salaire minimum mensuel au Venezuela équivaut actuellement à 0,27 dollar (130 bolivars), avec une inflation annuelle dépassant les 600 %. Les salaires peuvent atteindre 150 dollars avec les primes versées par l’Etat, mais ce montant reste insuffisant pour couvrir le panier alimentaire de base d’une famille, estimé à 645 dollars.
Mme Rodriguez a été la dernière vice-présidente de Nicolas Maduro jusqu’à la capture de l’ancien chef d’Etat le 3 janvier par l’armée américaine. Devenue présidente par intérim, elle a déclaré que les « erreurs » économiques du passé devaient être « corrigées ».
Sous la pression de Washington, elle a opéré de nombreux changements, adoptant une loi d’amnistie pour libérer les prisonniers politiques ou réformant le secteur pétrolier pour l’ouvrir au privé.
