Laurent Nuñez, en déplacement à Marseille, affirme que la lutte contre la criminalité organisée est une « priorité interministérielle absolue »

Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a désigné officiellement la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) pour conduire la lutte contre la criminalité organisée, « érigée au rang de priorité interministérielle absolue », lors d’une conférence de presse à Marseille, jeudi 9 avril.

Laurent Nuñez a détaillé, à cette occasion, les contours de la circulaire qu’il a envoyée, le 25 mars, à l’ensemble de ses services, ainsi qu’une doctrine de dix pages, attribuant le chef de filât à la DNPJ, qui coordonnera l’action menée par les policiers et par les gendarmes.

« Le but de ce chef de filât est d’avoir une direction nationale de la politique judiciaire qui impulse, qui coordonne, qui met en place une comitologie au sein de laquelle, au niveau national, zonal, départemental, on va continuer à échanger des informations sur les réseaux, des filières, des modes d’action », a souligné Laurent Nuñez, au côté du patron de la police judiciaire nationale, Christian Sainte.

Dans sa circulaire du 25 mars, qui détaille le dispositif d’organisation en matière de lutte contre la criminalité organisée, et consultée par l’Agence France Presse (AFP), le ministre s’est dit convaincu que « ce chef de filât (…) permettra d’enregistrer de nouveaux résultats décisifs ».

Selon la doctrine lancée par M. Nuñez, « la criminalité organisée, notamment structurée autour du narcotrafic, constitue une menace stratégique pour la sécurité nationale », précisant que « sa puissance financière, son internationalisation et ses velléités d’extension lui confèrent une capacité de déstabilisation des fonctions régaliennes ».

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Des chiffres en augmentation

« On décloisonne, on fait en sorte que les services travaillent mieux ensemble », a commenté à Marseille Laurent Nuñez. « C’est l’objet de la création de l’Ofast en 2020, c’est la création des cellules de renseignements opérationnels dans chaque département. C’est évidemment la loi “narcotrafic”. Donc on continue d’améliorer nos dispositifs. »

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D’après le ministre, « les chiffres en matière de lutte contre la délinquance sont des chiffres toujours en augmentation ». « On était à plus 14 % en 2025 de mis en cause, et depuis le début de l’année, on est déjà à plus 23 % », a-t-il détaillé.

Pour présenter son dispositif, le ministre de l’intérieur a choisi Marseille, où est implantée la DZ Mafia, groupe criminel puissant, dominant le marché de la drogue dans le Sud. Mi-mars, un coup de filet, mené par quelque 900 gendarmes, a permis les mises en examen de 26 personnes dont deux rappeurs et un avocat.

Le chiffre d’affaires du trafic de drogue en France est évalué par les autorités à 7 milliards d’euros en 2025. En 2023, l’Ofast estimait que 240 000 personnes vivaient directement ou indirectement du trafic de stupéfiants en France, dont 21 000 à temps plein.

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Le Monde avec AFP

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