Les informations à retenir
Pourquoi les salaires progressent-ils moins vite en 2026 ?
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Le ralentissement de l’inflation sous la barre de 1 % réduit la pression sur les entreprises.
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La hausse du salaire mensuel de base tombe à 1,7 % fin 2025 contre 2,8 % un an plus tôt.
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Les chefs d’entreprise anticipent une hausse médiane limitée à 1,5 % pour l’année à venir.
L’époque où le bulletin de paie suivait l’inflation est révolue. Au premier trimestre 2026, les hausses de salaire de base tombent à 1,6 %, contre 3,3 % il y a deux ans. Ce freinage s’explique par une inflation redescendue sous la barre de 1 %.
Les entreprises ne ressentent plus la pression du bouclier social. Laurent Baudry, Erwan Gautier et Sylvie Tarrieu, dans une note pour la Banque de France, sont formels :
« Après cette phase de rattrapage, les accords de salaire signés entre fin 2025 et début 2026 signalent une normalisation de la dynamique des salaires négociés. »
Pour le salarié, cela signifie que la fiche de paie ne bougera plus sans une discussion sur les résultats. Le salaire mensuel de base (SMB) suit cette courbe descendante. Sa progression sur un an est passée à 1,7 % fin 2025, contre 2,8 % un an plus tôt.
Le retour en force des augmentations individuelles
C’est le grand basculement de 2026 : l’argent disponible va en priorité aux collaborateurs jugés les plus efficaces. Pendant la crise (2022-2023), 80 % du budget des augmentations servait à des hausses générales pour tous. Aujourd’hui, cette part s’effondre à 50 %.
Les directions des ressources humaines utilisent ce levier pour récompenser le mérite plutôt que l’ancienneté ou le coût de la vie. Conséquence directe : la moitié des entreprises prévoient des hausses globales inférieures à 1,5 %.
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En parallèle, l’usage de la prime de partage de la valeur (PPV) stagne. Seuls 12 % des accords NAO mentionnent son versement pour 2025, un chiffre identique à 2024. On est loin de l’engouement de 2022 où près d’un quart des entreprises utilisaient ce dispositif. Les montants prévus fin 2025 amorcent même un repli.
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Des minima de branche sous tension
Pour les salariés des petites entreprises, qui dépendent des accords de branche, la situation se fige. Un tiers des secteurs n’a signé aucune revalorisation depuis un an. La hausse moyenne des minima de branche plafonne à 1 % au premier trimestre 2026.
Seulement 65 % des branches ont revalorisé leurs grilles au cours des douze derniers mois. Ce taux frôlait les 100 % lors du pic d’inflation. Aujourd’hui, ces secteurs peinent à ajuster leurs rémunérations face à un emploi qui marque le pas.
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Le Smic ne joue plus son rôle d’accélérateur. Sa revalorisation limitée à 1,2 % en janvier 2026 pèse sur les négociations de branche. Pourtant, le bilan reste positif sur le temps long : entre fin 2020 et début 2026, les minima de branche ont progressé de 16 %, dépassant l’inflation cumulée de 15 %.
Les chefs d’entreprise prudents pour les 12 prochains mois
L’enquête de la Banque de France auprès de 1 700 dirigeants confirme cette tendance à la modération. Interrogés entre février et mars 2026, les chefs d’entreprise anticipent une hausse des salaires de base proche de 1,7 % pour l’année à venir. La valeur médiane de leurs réponses tombe même à 1,5 %.
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Cette prévision valide les stratégies adoptées lors des négociations annuelles. Le diagnostic est clair : la page de l’inflation est tournée. Les entreprises retrouvent des marges de manœuvre pour stabiliser leurs coûts fixes. Les secteurs les moins dynamiques utilisent cette accalmie pour geler les grilles de minima.
Le rattrapage a été plus lent dans les grandes entreprises, où les salaires sont moins sensibles aux mouvements du Smic. Toutefois, le pouvoir d’achat global a retrouvé son niveau de fin 2020. Cette stabilité retrouvée réduit mécaniquement la pression syndicale sur les augmentations générales.

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