Remonté contre l’Otan, Donald Trump envisage de sanctionner les pays qui l’ont déçu

Ce mercredi 8 avril, Donald Trump a reçu à Washington le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, sur fond de guerre en Iran. Une entrevue “très franche”, selon l’homme politique néerlandais. Mais pas de quoi convaincre le locataire de la Maison-Blanche de cesser ses critiques à l’égard de l’alliance Atlantique. Dans les heures qui ont suivi la réunion, le milliardaire écrivait sur son réseau Truth Social : “L’Otan n’était pas là quand nous avions besoin d’eux, et ils ne seront pas là si nous avons de nouveau besoin d’eux”.

Washington projetterait même de sanctionner plusieurs membres de l’organisation. La raison ? Donald Trump juge que certains des alliés ne se sont pas montrés assez utiles aux Etats-Unis et à Israël pendant la guerre contre l’Iran. Selon une information du Wall Street Journal, le président américain envisagerait ainsi de retirer ses troupes stationnées dans les pays qui lui ont “tourné le dos” pour les rediriger vers les Etats dont le président est satisfait de la coopération.

Une “tache sur l’Otan qui ne disparaîtra jamais”

Pour l’heure, aucune indication n’a été fournie sur les pays qui pourraient voir les soldats américains plier bagage. Mais depuis le début de la guerre, plusieurs Etats, principalement à l’ouest du continent, se sont directement attiré les foudres du président.

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L’Espagne a interdit l’accès à son espace aérien aux avions destinés aux opérations militaires en Iran. L’Italie a également brièvement refusé aux États-Unis d’utiliser une base aérienne en Sicile. De l’autre côté des Alpes, la France n’a autorisé les Etats-Unis à emprunter une base au sud du pays qu’après avoir obtenu la garantie que les avions impliqués dans les frappes sur Téhéran n’y atterriraient pas. Quant à l’Allemagne, pays européen qui accueille le plus de bases américaines, la Maison-Blanche lui reproche d’avoir critiqué la guerre. Face à ces accusations, des cadres politiques européens ont rétorqué que Donald Trump ne les avait pas consultés avant de déclencher la guerre, nuisant à leurs capacités d’organiser une réponse militaire coordonnée dans les premiers jours du conflit. Qu’importe, lundi, le président se disait “très déçu” et assurait que cet épisode avait laissé une “tache sur l’Otan qui ne disparaîtra jamais”.

Les fidèles récompensés ?

Au contraire, parmi les pays qui pourraient bénéficier de ce repositionnement se trouvent la Pologne, la Roumanie, la Lituanie et la Grèce, selon les informations du Wall Street Journal. Ces pays comptent parmi ceux de l’Alliance qui investissent le plus dans leur défense, conformément aux exigences de Washington. Ils font également partie des premiers à s’être montrés favorables à une coalition internationale chargée de surveiller le détroit d’Ormuz. Toutefois, le déplacement des troupes américaines vers ces pays n’est pas sans risque. Leur proximité géographique avec la frontière russe pourrait en effet irriter le Kremlin.

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Environ 84 000 soldats américains sont postés sur le Vieux Continent. Si leurs bases militaires – qui remplissent principalement des missions de l’Otan – sont essentielles aux opérations militaires des Etats-Unis à travers le monde, elles constituent aussi un atout économique pour les pays hôtes, grâce aux investissements américains qu’elles génèrent. Leur présence est particulièrement appréciée en Europe de l’Est où elles servent aussi de levier de dissuasion contre la Russie. Aucune base ni soldat ne sont installés sur le territoire français.

Un départ de l’Otan désamorcé

Et l’ambition présidentielle de sanctionner les Européens séduit. Selon le Wall Street Journal, ce plan a reçu le soutien de hauts responsables de l’administration ces dernières semaines. Toutefois, le quotidien américain précise que l’idée “n’en est qu’à ses balbutiements”, et qu’elle figure parmi d’autres options envisagées.

Une telle réprimande demeure moins sévère que les premières intentions de Washington. Pendant plusieurs mois et jusqu’aux heures qui ont précédé sa rencontre avec le chef de l’Otan, Donald Trump a menacé de claquer la porte de l’alliance – décision que le président américain ne pourrait prendre sans l’accord du Congrès. “C’est quelque chose dont Donald Trump discute [NDLR : un retrait de l’Otan], et je pense qu’il en discutera tout à l’heure avec le secrétaire général”, déclarait encore la porte-parole de la Maison-Blanche juste avant l’entretien avec Mark Rutte. Et Karoline Leavitt de citer directement le président américain, selon qui les pays de l’Otan “ont été mis à l’épreuve, et ils ont échoué”.

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Puis Mark Rutte s’est chargé du mea-culpa. L’homme, réputé pour sa capacité à désamorcer les tensions avec les Etats-Unis, était déjà parvenu à dissuader le locataire de la Maison-Blanche d’envahir le Groenland. Dans une interview accordée à CNN, celui que le milliardaire qualifie de “type formidable, génial”, reconnaît que “grâce au leadership du président Trump”, le monde est plus sûr aujourd’hui qu’avant le début de la guerre, car “il est très, très important de dégrader [les] capacités” militaires de l’Iran. Et les 27 ont-ils failli ? “Quelques-uns, oui, mais une large majorité de pays européens, et c’est ce dont nous avons discuté aujourd’hui, ont fait ce qu’ils avaient promis”. Reste à savoir si Donald Trump finira par voir les choses de cette manière.

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