Un simple croquis sur une feuille volante. Ou l’histoire d’une idée attrapée à la volée, couchée sur un bout de papier et qui a révolutionné l’industrie mondiale de la défense. Ce crayonné, c’est celui du canon Caesar imaginé par Philippe Girard, jeune ingénieur de l’armement au début des années 1990. “Une idée toute simple, pimentée d’une bonne dose de marketing”, souffle aujourd’hui son géniteur. Trente-six ans plus tard, ce produit phare du géant franco-allemand KNDS a gagné ses galons en Ukraine. Car si le conflit a révélé un nouveau visage de la guerre avec l’omniprésence des drones, il a aussi mis en lumière une autre facette de l’artillerie, balayant bon nombre d’idées reçues.
Le Caesar – pour Camion Equipé d’un Système d’Artillerie –, c’est d’abord un canon de 155 millimètres capable de tirer six obus en moins d’une minute à une distance de 40 kilomètres, monté sur un châssis de camion équipé de roues et capable de rebrousser chemin en moins de deux minutes trente. Un monstre de 15 tonnes, rustique mais véloce, peu gourmand en carburant et qui a ringardisé les vieux blindés chenillés. Une machine de guerre tricolore, fabriquée en partie à Bourges pour le volet canonnerie, assemblée à Roanne et dont 90 % des composants sont d’origine française, éloignant de fait le risque de se faire épingler par une quelconque loi extraterritoriale américaine. De la souveraineté industrielle et stratégique en acier trempé.
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