Après l’annonce d’un cessez-le-feu en Iran, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a demandé, mercredi 8 avril, que les prix de l’essence à la pompe baissent d’ici à la « fin du week-end » ou au « début de la semaine prochaine ». Il s’exprimait à la veille d’une réunion avec l’ensemble des acteurs de la filière prévue par le gouvernement à Bercy.
S’adressant au Sénat, le chef du gouvernement a fait remarquer que, « lorsque la crise a démarré, les prix ont augmenté très, très vite à la pompe, alors que les citernes avaient été achetées et remplies avant le début de la guerre ».
« Donc autant le gouvernement peut comprendre qu’il y ait trois ou quatre jours de délai entre le début de ce cessez-le-feu et la répercussion à la pompe, autant il est évident que les effets devront se voir à la pompe à partir de la fin du week-end [ou au] début de semaine prochaine », a déclaré le premier ministre.
Le prix du gaz européen a reculé d’environ 20 %, mercredi, à l’ouverture, dans la foulée de ceux du pétrole, qui retombaient sous la barre des 100 dollars le baril (85,50 euros), quelques heures après l’annonce du cessez-le-feu. En France, les prix des carburants pourraient baisser de « 5 à 10 centimes » le litre « très rapidement », selon le président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), Olivier Gantois.
« Il ne faut pas qu’on mente aux Français »
Devant le Sénat, M. Lecornu a également évoqué « des mesures réglementaires » qui vont être prises par le ministre des transports « pour permettre des acheminements logistiques exceptionnels la nuit, le week-end, et permettre, ici ou là, de régler » les « problèmes d’approvisionnement » dans les stations-service.
Le gouvernement va par ailleurs « continuer » sa « politique d’accompagnement, d’aide ciblée », a ajouté le premier ministre, évoquant « un nouvel outil d’accompagnement de nos agriculteurs » qui sera détaillé, mercredi ou jeudi, par la ministre de l’agriculture, Annie Genevard. L’exécutif avait annoncé, vendredi, un plan d’aide de près de 70 millions d’euros pour les secteurs les plus touchés par la flambée des prix des carburants : la pêche, l’agriculture et les transports.
Sébastien Lecornu a aussi déclaré n’avoir « pas d’opposition de principe » à l’initiative prise par cinq pays européens pour la mise en place d’une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques.
« Mais cela nous renvoie à nos discussions budgétaires de l’automne dernier : quelle est son assiette ? Quel est son rendement ? Comment ça fonctionne ? Je pense qu’il ne faut pas qu’on mente aux Français sur les capacités, justement, de cette initiative », a-t-il cependant ajouté.
