Les transports sanitaires risquent d’être perturbés, mercredi 8 avril. Les deux principaux syndicats d’ambulanciers privés appellent à débrayer avec des mots d’ordre différents, l’un visant les interventions d’urgence, l’autre une suspension d’autres missions, comme les retours d’hospitalisation.
« C’est maintenant qu’on se mobilise et qu’on demande des fonds d’urgence, car il y a de vrais risques de défaillances d’entreprises immédiats », a expliqué mercredi, à Orléans, Guillaume Horstmann, représentant dans le Loiret de la Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA), première organisation représentative de la profession.
Une quarantaine d’ambulances venues de plusieurs départements de la région stationnaient devant l’agence régionale de santé, où une délégation a été reçue pendant une heure. Le CNSA a appelé à interrompre dans toute la France, de 9 heures à 20 heures, « tout ou partie des missions », sauf celles liées à l’urgence vitale.
Trajets annulés
Des trajets de retour d’hospitalisation ou de retour de services d’urgences seront par exemple annulés, selon ce syndicat, ce qui pourra désorganiser les sorties hospitalières et, par ricochet, engorger certains services. Selon le syndicat, les tarifs des interventions prises en charge par l’Assurance-maladie sont insuffisants pour couvrir la hausse des charges, en particulier pour « l’urgence préhospitalière », lorsque le SAMU demande à une ambulance privée d’intervenir.
Pour ces interventions, l’entreprise est « rémunérée 64 euros de l’heure pour mettre à disposition deux ambulanciers, le véhicule, le matériel et les consommables », et se retrouve « largement déficitaire », selon Dominique Hunault, président de la CNSA.
« Le nombre de défaillances d’entreprises a triplé en 2025 (atteignant 147) par rapport à l’année précédente », déplore la CNSA, qui réclame le « déblocage de fonds d’urgence », et « l’ouverture de négociations avec l’Assurance-maladie » pour trouver « un modèle soutenable ».
La Fédération nationale de la mobilité sanitaire (FNMS), deuxième organisation représentative, se bat, elle, contre une réforme contenue dans le projet de loi de décentralisation, qui prévoit de confier aux préfets l’organisation du transport d’urgence.
« Ni la profession ni le SAMU n’ont été associés à la réflexion, on nous a mis de côté », critique le coprésident de la FNMS, Olivier Assié. Il craint notamment que la « logique médicale » ne soit reléguée « au second plan », au profit d’une « approche organisationnelle ou sécuritaire ».
Le syndicat appelle donc mercredi les ambulanciers à se retirer des tableaux de garde ambulancière, c’est-à-dire « des moyens mis à disposition du SAMU », explique son responsable. Mais lorsque ces tableaux sont incomplets, « les préfets réquisitionnent », montrant que les ambulanciers sont indispensables sur le terrain, ajoute-t-il.
Selon lui, des ambulanciers ont été réquisitionnés dans « plus de la moitié des départements ». La FNMS et la CNSA doivent toutes deux être reçues mercredi au ministère de la santé.
