Guerre en Iran : ce que l’on sait du cessez-le-feu annoncé par Donald Trump

“Une victoire totale et complète”, clame Donald Trump. Le président américain a accepté, mardi 7 avril, un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, moins de deux heures avant l’expiration de l’ultimatum qu’il avait fixé à Téhéran pour la réouverture du détroit d’Ormuz, sous peine d’attaques dévastatrices contre ses infrastructures civiles. Cette annonce marque un revirement brutal par rapport à son avertissement extraordinaire lancé plus tôt dans la journée, lorsqu’il avait déclaré qu’”une civilisation entière mourrait ce soir” si ses exigences n’étaient pas satisfaites.

Comme souvent dans ce type de séquence, chaque camp revendique un succès politique. Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a présenté l’accord comme une victoire sur les États-Unis, affirmant que le locataire de Maison-Blanche avait accepté les conditions posées par le régime des mollahs pour mettre fin aux hostilités. A noter que cette annonce de trêve intervient plus de cinq semaines après le début de la campagne de bombardements des Etats-Unis et d’Israël en Iran, qui a répliqué avec des attaques contre l’Etat hébreu et les intérêts américains à travers la région.

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Frappes suspendues et réouverture du détroit d’Ormuz

“J’accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pendant deux semaines”, a dit cette nuit Donald Trump, avec pour condition que Téhéran rouvre immédiatement la liberté de circulation dans le détroit d’Ormuz. Le président américain a fait cette annonce un peu plus d’une heure avant l’expiration de son ultimatum, à l’issue de discussions avec des médiateurs pakistanais.

Téhéran a de son côté indiqué qu’il mettrait également fin à ses frappes, à condition que la suspension des opérations visant le territoire iranien soit effectivement respectée. Le Conseil suprême iranien de sécurité a de fait prévenu que ses “doigts [étaient] sur la gâchette” : si “l’ennemi fait la moindre faute, nous répondrons avec force”, a-t-il dit.

On ne sait pas précisément dans l’immédiat quand le cessez-le-feu entrera pleinement en vigueur. D’après la presse israélienne, il sera respecté une fois que l’Iran aura rouvert le détroit d’Ormuz. Dans la foulée de l’annonce de Donald Trump, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a assuré, dans un communiqué, que la navigation dans ce passage stratégique – par lequel transite habituellement près d’un cinquième du pétrole mondial expédié par voie maritime – pourrait être sécurisée pendant deux semaines, en coordination avec l’armée iranienne.

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Plus tard, le président américain a affirmé sur Truth Social que les États-Unis contribueraient à fluidifier le trafic dans ce passage stratégique, promettant au passage “un tas de mesures positives !”. “Beaucoup d’argent va être empoché. L’Iran peut commencer le processus de reconstruction”, a ajouté le président américain. “Nous allons ‘traîner dans les environs’ pour nous assurer que tout se passe bien”, écrit-il également.

Le président d’une organisation représentant les compagnies aériennes mondiales a par ailleurs déclaré ce mercredi que même si l’Iran rouvrait le détroit d’Ormuz, il faudrait des mois pour que l’approvisionnement en kérosène se rétablisse compte tenu des perturbations des capacités de raffinage au Moyen-Orient.

Israël soutient le cessez-le-feu mais prévient que le Liban n’est pas concerné

Israël a dit soutenir la décision de Donald Trump de suspendre, pour deux semaines, les frappes contre l’Iran, tout en précisant que ce cessez-le-feu ne s’appliquerait pas au Liban, a indiqué mercredi le bureau de Benyamin Netanyahou, contrairement à ce qu’avait indiqué plus tôt le Pakistan, qui avait déclaré que la trêve s’appliquerait “partout” dans la région, citant notamment le Liban.

L’entourage du Premier ministre israélien a ajouté que l’appui de l’Etat hébreu restait conditionné à une ouverture immédiate du détroit d’Ormuz par Téhéran et à l’arrêt de ses attaques contre les États-Unis, Israël et les pays de la région.

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Sur le front libanais, les combats ont déjà fait au moins 1 500 morts et provoqué le déplacement de 1,2 million de personnes. Le Liban a été happé par l’embrasement régional lorsque le Hezbollah a lancé des roquettes contre Israël en soutien à Téhéran, deux jours après les frappes israéliennes et américaines contre l’Iran. Cette offensive du mouvement chiite a déclenché une nouvelle campagne israélienne, à la fois terrestre et aérienne.

Des discussions au Pakistan à partir de vendredi

Donald Trump a indiqué qu’une proposition en dix points transmise par Téhéran pourrait servir de “base de travail” pour des négociations, ajoutant que de nombreux points de contentieux ont été réglés entre les deux camps mais qu’une paix sur le long terme était toutefois “très loin”.

S’exprimant via le réseau social X, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a déclaré avoir invité des délégations américaine et iranienne à se rencontrer vendredi à Islamabad. Le Pakistan a servi d’intermédiaire entre les deux camps et avait intensifié en début de semaine ses efforts de médiation pour parvenir à une trêve.

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