L’ancien maire (UMP puis Les Républicains) de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) Patrick Balkany, âgé de 77 ans, a fait son retour au tribunal, mardi 7 avril, à son procès pour détournement de fonds publics.
Dès l’ouverture de l’audience, la défense a d’abord réclamé un renvoi en solidarité avec une grève du barreau local. Une requête immédiatement rejetée par la présidente. L’avocat de l’ancien maire, Me Robin Binsard, a ensuite exigé l’annulation de la procédure, dénonçant un délai « déraisonnable » et une « mascarade judiciaire ».
L’avocat a pointé une enquête ouverte il y a dix ans, émaillée de sept années d’inactivité policière au total. Il a souligné que le principal protagoniste, l’ancien directeur du développement économique de Levallois-Perret, Renaud Guillot-Corail, était mort en août 2020, sans avoir jamais été auditionné.
La procureure s’y est opposée, estimant que la défense tentait de « tordre le bras » à la justice et rappelant que la jurisprudence européenne ne justifiait pas une annulation sur ce seul motif. Le tribunal a finalement décidé de joindre l’incident au fond.
« Son salaire était loin d’être exagéré »
« Je trouve ça invraisemblable de me retrouver ici, face à cette parodie de justice », a réagi Patrick Balkany à la barre, citant même l’ancien président Georges Pompidou pour appuyer son agacement : « Arrêtons d’emmerder les Français ».
Les débats se sont concentrés sur l’association communale Codeeil. La justice soupçonne l’ancien baron francilien d’avoir utilisé cette structure, qualifiée de « satellite » sans autonomie, pour continuer à rémunérer M. Guillot-Corail après son départ à la retraite en 2012, grâce à 855 000 euros de subventions municipales.
« On est en train de juger du travail de quelqu’un qui est mort en 2020, (…) c’est carnavalesque », s’est emporté le prévenu, assurant ne s’être « jamais occupé de cette association ».
Patrick Balkany a loué le travail « considérable » de son collaborateur pour attirer des investisseurs étrangers et organiser la coopération avec l’Afrique. Et M. Balkany de préciser : « Son salaire était loin d’être exagéré compte tenu du travail qu’il fournissait ». « Des ministres disent qu’il faut travailler après la retraite et vous me convoquez pour me dire qu’il ne fallait pas faire travailler un retraité, il vous a fallu des années pour me dire ça », a-t-il lancé.
Face à lui, la présidente a lu les auditions d’anciennes collaboratrices décrivant une association à l’autonomie « proche de zéro ».
