J’ai soutenu la loi Yadan, et les messages que j’ai reçus disent quelque chose de grave, par Simone Rodan-Benzaquen

Il y a quelques jours, j’ai signé une tribune de soutien à la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan contre les formes renouvelées de l’antisémitisme. Je savais qu’un tel texte susciterait la controverse. Je n’imaginais pas que cette controverse fournirait, presque à elle seule, la démonstration de son utilité.

Le texte, qui sera examiné à l’Assemblée nationale les 16 et 17 avril, entend répondre à une réalité que nul ne peut sérieusement contester. En 2025, 1 320 actes antisémites ont été recensés par le ministère de l’Intérieur. Ils représentent 53 % de l’ensemble des actes racistes et antireligieux, alors même que les juifs constituent moins de 1 % de la population française. Les chiffres sont connus. Ce qui l’est moins, ou ce que certains préfèrent ne pas voir, c’est la manière dont l’antisémitisme contemporain se reformule : moins frontal, souvent plus sophistiqué, habillé du vocabulaire du militantisme, du droit, de la morale ou de l’antiracisme.

Vieux ressorts de la haine antijuifs

Depuis cette signature, j’ai reçu des centaines de messages. Certains relevaient de l’invective ordinaire : on m’accusait d’être hostile à la liberté d’expression, de vouloir interdire toute critique d’Israël. Puis le registre a changé. “Soumise au Crif”, “Les sionistes contrôlent la France”, “Il faut expulser les signataires”, “Traîtres à la nation”, “Israël pays nazi”… Des listes nominatives circulent. Des menaces suivent. On nous promet qu’on saura “où nous trouver”.

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