Sur le papier, l’Europe a la puissance économique et militaire pour se défendre sans l’Amérique. Mais l’unité stratégique, la volonté politique, la force morale enfin, qui lui permettraient d’être crédible face à une Russie surarmée et revanchiste ? Ce serait une tout autre affaire. En menaçant à nouveau de claquer la porte de l’Otan, Donald Trump pose aux nations européennes un défi colossal.
D’autant que cette fois-ci, il n’est pas exclu que le président américain passe à l’acte, tant la rancœur et l’amertume se sont accumulées entre les deux rives de l’Atlantique. Après les divergences sur le partage du fardeau de la défense, sur le commerce et les droits de douane, sur l’Ukraine et la Russie, la guerre d’Iran a porté la tension à un point culminant. “COUARDS”, a écrit Donald Trump en lettres majuscules sur son réseau social, à l’adresse de ses partenaires qu’il accuse de défaut de solidarité. “Nous nous en SOUVIENDRONS”, a-t-il averti.
Qui peut croire après cela que l’Amérique volera automatiquement au secours d’un Etat européen agressé par Vladimir Poutine ? Même s’il était empêché par le Congrès de dénoncer le traité de l’Otan, Donald Trump a déjà écorné, par la politique qu’il mène depuis son retour à la Maison-Blanche, la capacité de dissuasion de l’Alliance atlantique, qui repose sur l’impératif de défense mutuelle.
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