ENTRETIEN – Privée de la possibilité d’enseigner à l’université, déchue de son mandat d’élue locale à Moscou et reconnue « agent de l’étranger », cette figure de l’opposition restée en Russie est l’une des rares à s’exprimer publiquement. Elle réclame un arrêt immédiat des combats en Ukraine.
LE FIGARO. – Vous avez été femme politique et enseignante à l’université. Que faites-vous aujourd’hui, après avoir été réprimée par le pouvoir ?
IOULIA GALIAMINA. – Je me considère toujours comme une femme politique. Je m’occupe toujours de projets mais je ne peux pas le faire publiquement, ni rentrer ici dans les détails, car j’ai été désignée comme un « agent étranger ». J’aide des militants et des communautés qui s’engagent dans la vie publique et œuvrent pour le bien commun. Je ne peux pas être en première ligne ; je travaille en coulisses : j’aide, je forme, je conseille…
En tant qu’« agent étranger » conservez-vous une marge de manœuvre ?
Gagner sa vie est pratiquement impossible. Les possibilités d’emploi officiel sont minimes. Le taux d’imposition pour les « agents étrangers » est très élevé : 30 % de l’impôt sur le revenu. Et d’ailleurs, qui souhaiterait recruter un « agent de l’étranger » ? Mes droits au travail sont bafoués et mes droits…

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