C’est une photo dont se serait bien passé Donald Trump. Abondamment partagée sur les réseaux sociaux, on y aperçoit le fuselage éventré d’un E-3 Sentry de l’US Air Force, plus connu sous le nom d’avion de surveillance Awacs, reconnaissable à son grand radar en forme de disque. Transformé en amas de débris fumant, ce bijou de technologie stationné sur la base saoudienne de Prince Sultan, a été frappé le 27 mars par une frappe iranienne. Une perte évaluée à près de 500 millions de dollars pour Washington qui, de jour en jour, voit s’alourdir le coût de son opération contre Téhéran.
Un avion de surveillance et de contrôle aéroporté Boeing E-3 Sentry américain endommagé suite à une frappe iranienne sur la base aérienne Prince Sultan en Arabie Saoudite le 27 mars
© / SOCIAL MEDIA via REUTERS
Un peu plus d’un mois après son lancement, la facture est déjà exorbitante. “Nous estimons son coût entre 20 et 28 milliards de dollars”, jauge Elaine McCusker, ancienne responsable du budget du Pentagone sous la première administration Trump, aujourd’hui analyste à l’American Enterprise Institute. Alors qu’aucune fin de conflit ne se dessine, plusieurs élus du Congrès se sont d’ores et déjà insurgés contre une ardoise à “plus d’un milliard de dollars” par jour d’opération – soit plus que les quelque 300 millions qu’avait quotidiennement coûtés la guerre en Afghanistan entre 2001 et 2021. Difficile toutefois de confirmer ce montant, en l’absence de données officielles du Pentagone.
La baisse d’intensité de la guerre après le pic des premiers jours aurait ainsi permis de réduire les dépenses quotidiennes à environ un demi-milliard de dollars, précise pour sa part le think tank Center for Strategic and International Studies. “Au début du conflit, nous avons utilisé une quantité considérable de missiles très coûteux pour la défense aérienne et les frappes, mais c’est moins le cas aujourd’hui, abonde l’ancien ambassadeur américain James Jeffrey, aujourd’hui chercheur émérite au Washington Institute. Les salves de missiles balistiques iraniens se sont réduites et notre contrôle du ciel nous permet désormais d’utiliser des bombes moins chères.”
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