VU D’AILLEURS – Se procurer de l’ocytocine pour un accouchement ou des médicaments contre le cancer relève presque de l’impossible dans un pays en pénurie de carburant et au système de santé fragilisé.
Par Noor Mahtani à La Havane (El Pais)
Aniurmat Padilla a passé des jours à croiser les doigts pour que le myélogramme de son fils soit négatif. Jeudi, ses craintes se sont confirmées : son fils, Eduardo Dado Manuel Guillermo Padilla, 18 ans, est atteint de leucémie et devra passer un certain temps à l’hôpital pédiatrique Juan Manuel Márquez, à La Havane. Dans ce centre qui accueille des enfants en oncologie et en psychiatrie venus de tout le pays, on prépare leur organisme affaibli avec des transfusions de globules rouges et de plaquettes en vue des traitements à venir. Quelques minutes après l’annonce du diagnostic, Aniurmat a demandé, désespérée, aux infirmières : « Y a-t-il du sang dans cet hôpital ? Avez-vous les médicaments ou devrais-je me les procurer ailleurs ? ». À Cuba, les mauvaises nouvelles s’accompagnent toujours d’une angoisse supplémentaire.
Le samedi est jour de visite. Le bâtiment, haut de sept étages, aux plafonds élevés et aux grandes baies vitrées…

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