Le printemps est devenu la saison du thriller. Et, depuis 2005, c’est à Lyon que se ruent chaque année les amateurs du genre. Les organisateurs de Quais du Polar sont déjà parvenus à y attirer des écrivains d’une soixantaine de nationalités différentes. Les vedettes françaises ne sont pas oubliées dans la programmation. Ce week-end, Benjamin Dierstein y présente ainsi 14 juillet (Flammarion) et les fans de Bernard Minier peuvent se faire dédicacer leurs livres par l’auteur de Glacé. Lancé dès ses débuts en 2011 par le succès de son premier roman (vendu à plus de 600 000 exemplaires chez Pocket), Minier est resté abonné aux best-sellers, capable de dépasser les 200 000 exemplaires en grand format (avec La Vallée) et d’exploser les compteurs en poche (M, le bord de l’abîme, La Vallée, Nuit, Sœurs, Le Cercle, N’éteins pas la lumière et Une putain d’histoire se sont tous écoulés entre 300 000 et 500 000 exemplaires dans ce format). Si on connaît surtout son héros principal, Martin Servaz, Minier a une autre héroïne récurrente, Lucia Guerrero, enquêtrice de la Guardia Civil qui apparaissait déjà dans Lucia (2022) et Les Effacées (2024). Elle reprend du service dans Ruptures (XO), où elle a maille à partir avec un géant de la tech qui ressemble étrangement à Elon Musk. Le livre démarre très bien : il est déjà classé 5e des ventes de romans.
Ventes de livres : Minier, Vargas, Thilliez… Quel auteur de polar va marquer le mois d’avril ?
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Au vu de son historique, Minier devrait faire mieux que Niko Tackian (Le Hameau, Calmann-Lévy, en librairie), le duo Giacometti-Ravenne (L’Ultime porte, JC Lattès, parution le 15 avril) ou Olivier Bal (Le Piège, XO, sortie le 23 avril). Mais un adversaire de taille se dressera sur sa route : Fred Vargas sera de retour la semaine prochaine avec Une unique lueur (Flammarion). Difficile de ne pas être embarrassé face au cas Vargas, qui avait publié en 2004 La Vérité sur Cesare Battisti. Bien que Battisti lui-même ait reconnu son implication dans quatre meurtres, Vargas s’est obstinée à vouloir défendre l’innocence du terroriste. Heureuse est-elle que ses lecteurs fassent la part des choses, lui pardonnent cette faute et continuent de plébisciter ses romans. Le retour de son commissaire, Adamsberg, est toujours un événement, comme le prouvent les chiffres de ventes de ses cinq derniers titres : 400 000 exemplaires en grand format pour Un lieu incertain en 2008, pareil pour L’Armée furieuse en 2011, 450 000 exemplaires pour Temps glaciaires en 2015, idem pour Quand sort la recluse en 2017 et enfin 350 000 exemplaires pour Sur la dalle en 2023. Sauf surprise, Une unique lueur devrait connaître un sort similaire.
De notre côté, on attend avec plus de curiosité le nouveau Franck Thilliez, L’Autre moi, à paraître le 28 avril chez Fleuve noir, et sur lequel nous reviendrons plus en détail très prochainement. Depuis La Chambre des morts en 2006, Thilliez publie au moins une nouveauté par an. Comme Amélie Nothomb ou David Foenkinos, l’homme aux 11 millions de livres vendus (avec des sommets tels Le Manuscrit inachevé, Il était deux fois ou 1991) est un des habitués de notre rituel déjeuner de best-sellers de L’Express. On peut déjà préparer son rond de serviette pour la future édition.
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