« Il m’a dit que mon nom serait inscrit sur liste rouge si je revenais » : entre l’Irak et l’Iran, ces familles kurdes que la guerre sépare

REPORTAGE – Afsa et Sarbat, un couple d’artistes en délicatesse avec le régime iranien, ont fini par être réunis en Irak. Mais ils ont abandonné leurs enfants et leurs vies derrière eux, en Iran.

Au creux des reliefs formés par les monts Zagros au chapeau recouvert de neige, la route serpente pour atteindre la ville de Penjwen, située à l’extrême ouest du Kurdistan irakien. Là, juste avant l’entrée de la bourgade, il faut bifurquer à gauche pour emprunter une ultime deux-voies déserte pour atteindre la frontière avec l’Iran. Ce dimanche, une horde de taxis stationnent à deux pas du barrage de la douane. Leurs conducteurs, appuyés sur leur carrosserie jaune délavée, attendent impatiemment le client arrivant au compte-goutte depuis l’Iran.

À l’écart, Sarbat* frotte ses mains bleutées pour y faire affluer le sang. Il est assis dans sa Peugeot 206, son regard marron rivé vers les silhouettes tirant leurs valises sur l’asphalte détrempé. Il guette sa femme, Afsana*. « Elle est juste là. Je ne sais pas combien de temps cela va prendre pour qu’ils vérifient les passeports, mais je dirais deux ou trois heures maximum », assure l’homme à la queue-de-cheval grisonnante. Depuis dix mois…

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