Guerre en Iran : ce précédent fatal de 1980 que Donald Trump devrait méditer

L’unique fois où l’armée américaine est intervenue au sol en Iran, il y a 46 ans, l’opération se solda par un désastre militaire et une humiliation politique majeure pour Washington. Ce précédent calamiteux – qui marqua le premier affrontement entre l’Amérique et l’islam militant – pèse aujourd’hui sur la conduite de la guerre d’Iran par Donald Trump. Il contribue à expliquer ses réticences à lancer une intervention terrestre.

A l’époque, le raid fatal du 24 avril 1980 vise à libérer 52 diplomates et agents américains retenus en otages à Téhéran. Cinq mois auparavant, dans la fièvre révolutionnaire des premiers mois de la République islamique, plusieurs centaines d’étudiants chauffés à blanc par les mollahs ont investi l’ambassade, le 4 novembre 1979, et capturé les employés qui s’y trouvaient (lire à ce sujet Guests of the Ayatollah, par Mark Bowden, Grove Books, 2006, non traduit en français).

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Le président Jimmy Carter prend langue avec Téhéran pour obtenir leur libération. La Maison-Blanche mène la négociation par l’intermédiaire de l’avocat français Christian Bourguet, défenseur des intérêts de la République islamique en France, et de l’homme d’affaires argentin Hector Villalon, un proche du communiste cubain Fidel Castro, qui fut aussi le bras droit du président populiste Juan Peron à Buenos Aires. Cet étrange duo d’émissaires se heurte à un mur. Car à Téhéran, les radicaux encouragés en sous-main par l’ayatollah Khomeini profitent de la crise pour asseoir leur emprise sur le nouveau régime et éliminer les factions rivales. À trois reprises, ils jettent au panier à la dernière minute des projets d’accords péniblement négociés avec Washington.

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