INFOGRAPHIE – Comme Paris, d’autres pays européens et membres de l’Otan refusent le survol de leur territoire par des avions engagés dans la guerre en Iran. Des décisions qui suscitent l’ire de Donald Trump.
Donald Trump s’agace et fustige la décision de plusieurs de ses alliés de l’OTAN de ne pas laisser les avions américains engagés dans la guerre contre l’Iran, lancée le 28 février, survoler leur territoire ni de laisser, dans d’autres cas, à Jérusalem et Washington la possibilité d’utiliser leurs bases situées dans ces mêmes pays. Le Figaro fait le point.
La France
«La France n’a pas laissé des avions à destination d’Israël, chargés d’équipement militaire, survoler le territoire français. La France a été TRES PEU COOPÉRATIVE en ce qui concerne le “boucher iranien” qui a été éliminé avec succès», a écrit le locataire de la Maison-Blanche sur son réseau Truth Social.
Si la France n’a pas annoncé officiellement ou publiquement d’interdiction de survol de son territoire par les avions américains, Emmanuel Macron a clarifié, mercredi depuis le Japon, la position de l’Hexagone. «C’est tout à fait vrai que la France, qui n’a pas été consultée et qui ne fait pas partie de cette offensive militaire lancée par les États-Unis et Israël, n’y prend pas part. Mais il n’y a rien de nouveau, c’est vrai depuis le premier jour, donc il ne faut pas s’en étonner», a-t-il déclaré.
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Pour être précis, Paris argue ne pas avoir changé les conditions de transit des avions militaires américains dans son espace aérien depuis le 28 février. Les avions de combats avec à leur bord du matériel militaire sont interdits. Mais le déploiement des appareils ravitailleurs et des avions à fonction logistiques sur la base d’Istres reste autorisé.
L’Espagne
Le 30 mars, le gouvernement espagnol de gauche, qui se déclare «totalement opposé» à la guerre israélo-américaine contre Téhéran, a annoncé fermer son espace aérien aux avions américains impliqués dans ce conflit.
«L’utilisation [des bases américaines situées en Espagne] n’est pas autorisée, et bien entendu l’utilisation de l’espace aérien espagnol pour des actions en lien avec la guerre en Iran ne l’est pas non plus», a déclaré à l’AFP la ministre de la Défense Margarita Robles. Selon le quotidien El País, ce veto de Madrid «ne comporte qu’une seule exception : en cas d’urgence, le transit ou l’atterrissage des aéronefs concernés est autorisé». Une information non confirmée par le gouvernement de Pedro Sanchez.
L’Autriche
Le gouvernement autrichien a déclaré ce jeudi 2 avril avoir refusé depuis le début de la guerre toutes les demandes formulées par Washington de survol militaire de son territoire, faisant valoir sa neutralité. «Il y a bien eu des demandes et elles ont été refusées dès le début», a affirmé à l’Agence France presse (AFP) le porte-parole du ministère de la Défense.
«Chaque survol doit faire l’objet d’une demande» et «chaque fois qu’il s’agit d’un pays en guerre, c’est refusé, en coordination avec le ministère des Affaires étrangères, dans ce cas-ci», a-t-il précisé. Vienne est neutre depuis 1955, entouré au nord, au sud et à l’est de voisins membres de l’Otan.
La Suisse
Le pays alpin a fait valoir le 14 mars son «droit à la neutralité», refusant de facto le survol de son territoire par l’armée américaine. Selon un communiqué du gouvernement suisse, deux demandes «en lien avec la guerre en Iran» ont été adressées à Zurich par Washington mais ont été «rejetées». Ces dernières concernaient «chacune un avion de reconnaissance» pour un passage le 15 mars dans l’espace aérien suisse. «Le droit de la neutralité interdit les survols effectués par des parties à un conflit à des fins militaires en rapport avec ledit conflit», faisait savoir le gouvernement. La Suisse est officiellement reconnue depuis 1815 comme étant un pays neutre par la communauté internationale.
En revanche, «les vols à des fins humanitaires ou médicales, y compris le transport de blessés, ainsi que les survols qui n’ont aucun lien avec le conflit» sont autorisés. Le gouvernement suisse a par exemple autorisé un vol de maintenance.
L’Italie interdit aux avions américains d’atterrir en Sicile
Sans prendre une décision aussi radicale, l’Italie, elle, a refusé aux avions américains le droit d’atterrir sur sa base de Sigonella, en Sicile, ont rapporté mardi dernier une source du ministère de la Défense et les médias italiens. «Ils ont demandé l’autorisation d’atterrir (…) Ils étaient déjà en vol et il n’y avait pas assez de temps pour consulter le Parlement, la demande a donc été refusée», a indiqué à l’AFP une source du ministère de la Défense.
Selon des accords conclus avec Washington, certaines bases italiennes peuvent être utilisées par des avions militaires américains à des fins logistiques, mais leur utilisation pour des missions de combat nécessite l’autorisation du gouvernement qui doit obtenir l’aval du Parlement.

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