Réconcilier Paris et sa métropole, le défi risqué d’Emmanuel Grégoire

Parfois, ce sont nos voisins qui remarquent le mieux comment notre maison s’est transformée. « Paris est désormais le Grand Paris », proclamait le The New York Times en titre d’un long reportage sur la capitale et ses banlieues, paru le 31 août 2025. « Le Grand Paris est né, redessinant la ville. Le périphérique, qui n’est plus un fossé, est devenu peu à peu perméable », s’enthousiasmait le journaliste Roger Cohen, chef du bureau parisien du journal américain.

Alors que la Métropole du Grand Paris célèbre cette année ses 10 ans et que tout le monde, ou presque, s’accorde à trouver que cette institution n’est pas à la hauteur des enjeux, se pourrait-il que les usages des « Grands Parisiens » aient finalement devancé l’inertie politique ? Que la réalité des contraintes économiques et sociales ait de fait imposé le dense Bassin parisien comme une collectivité existante de facto ?

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Dans un passionnant Atlas de la Métropole du Grand Paris (Apur, 320 pages, 29 euros), paru en janvier, l’Atelier parisien d’urbanisme répondait à sa manière à la question en dressant le portrait de cette agglomération et de ses 7,1 millions d’habitants répartis sur 814 kilomètres carrés et 130 communes. Au fil des pages, les cartes thématiques qui s’affranchissent des limites administratives font ressortir un ensemble de vie cohérent dont les frontières s’estompent de façon irrégulière au niveau des trois départements de la petite couronne.

En moyenne, les métropolitains réalisent 3,8 déplacements par jour. Dans les quinze dernières années, l’offre de transports a significativement augmenté, en proposant 149 kilomètres et 200 stations supplémentaires aux « Grands Parisiens » : alors qu’ils étaient 69 % à habiter à proximité d’une gare en 2010, le taux est passé à 77 % en 2025 et pourrait dépasser les 80 % en 2031. En janvier 2025, le réseau cyclable métropolitain comptait près de 4 300 km de pistes, presque trois fois plus qu’en 2018.

Chaque matin, Paris se réveille avec 2,1 millions de résidents mais accueille ensuite un peu plus de 1 million de travailleurs et environ 270 000 étudiants, qui viennent en grande majorité d’une commune de la Métropole. Alors que la capitale perd des habitants depuis 2011, ses voisines les récupèrent, particulièrement là où le coût de la vie est moindre, comme en Seine-Saint-Denis.

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