Qui n’a jamais rêvé de remporter le jackpot, de voir les symboles identiques s’aligner aux machines à sous, de gratter le ticket gagnant dans son bureau de tabac et de se retrouver soudainement avec une belle somme d’argent ? Mais dans ce cas, qu’en faire ? Voilà un sujet presque philosophique, qui alimente bien des discussions en famille et entre amis. “Et toi, qu’est-ce que tu ferais si… ?” Rares sont ceux qui répondent spontanément qu’ils investiraient leur capital, que ce soit dans des livrets, une assurance-vie ou directement dans des entreprises. La situation est différente si, au lieu de tomber du ciel, cette somme est le résultat d’une vie de labeur, que ce soit le sien (prime, cession d’entreprise…) ou celui de ses proches (héritage, donation…). Sa valeur est alors différente et il devient alors crucial d’effectuer les bons choix pour la préserver et la faire fructifier. Mais dans tous les cas, il faut faire un premier pas. En épargne comme au grattage, 100 % des gagnants ont tenté leur chance.
Épargner demande souvent beaucoup d’efforts. Cela suppose d’obtenir des revenus et de contraindre ses dépenses pour dégager un excédent. Investir cette épargne nécessite donc un minimum de précautions et de stratégie. Le choix d’un produit, lui, ne dépend pas seulement de la somme que vous avez à placer, même si elle rentre en ligne de compte. “Lorsque nous rencontrons un client, nous commençons par lui poser plusieurs questions pour savoir qui il est – sa structure familiale, sa situation patrimoniale, ses projets – pour connaître sa sensibilité au risque et ses convictions, notamment extra-financières”, relate Aymeric Richard, fondateur du cabinet de gestion de patrimoine Chartrons Patrimoine. En fonction de vos réponses, le conseiller vous proposera des placements adaptés. “Si vous êtes jeune et sans patrimoine, nous n’allons pas vous recommander d’investir vos 10 000 premiers euros dans de la crypto”, illustre le professionnel.
La question des projets et des objectifs est particulièrement cruciale. Elle va déterminer si vous avez besoin de revenus complémentaires ou si vous souhaitez capitaliser pour disposer d’une somme donnée à terme. Surtout, elle va permettre de définir votre horizon de placement. “C’est le critère le plus fondamental, assure Pierre-Marie de Forville, cofondateur du multi family office iVesta. Si vous avez besoin de cet argent à court ou moyen terme, c’est-à-dire d’ici 3 à 5 ans, par exemple pour un apport destiné à l’achat d’un appartement, alors il faut placer cette somme sur des supports peu risqués et disponibles comme des fonds monétaires, des comptes à terme ou des fonds en euros.” Avec davantage de temps devant vous, le champ des possibilités s’accroît significativement : actions, immobilier, entreprises non cotées (private equity)…
Bien sûr, votre appétence au risque représente un autre critère fondamental et la réglementation impose aux distributeurs de tester votre sensibilité sur le sujet. Elle va déterminer la part que vous allouez aux placements de type actions. “La répartition entre les différentes catégories d’actifs peut se mettre en œuvre pour tous les profils. C’est la pondération qui va changer, mentionne Jean-Patrice Prudhomme, directeur produits et solutions de Milleis Banque Privée. Par exemple, nous recommandons 66 % d’actions cotées au sein d’un portefeuille dynamique, mais seulement 22 % pour une orientation prudente.” De plus, cette répartition doit s’évaluer au niveau global et non enveloppe par enveloppe.
Ces quelques règles en tête, vous pouvez bâtir un patrimoine solide et performant. En revanche, n’espérez pas trouver la martingale – celle qui vous protégera des aléas tout en vous rapportant gros – car la clé d’un patrimoine bien géré réside avant tout dans la diversification.

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