Dans la course moderne à l’armement, il existe un domaine très particulier : celui de l’hypervélocité. Par hypervélocité, on entend l’hypersonique manœuvrant. Toujours pas clair ? J’explique.
On parle ici des caractéristiques des missiles ou des “planeurs” de nouvelle génération, capable de se déplacer au-delà de six fois la vitesse du son (Mach 6). L’idée est ainsi de disposer de systèmes quasiment inarrêtables et capables de manœuvrer à très haute vitesse. L’intérêt est évidemment de pouvoir passer les défenses ennemies, par une capacité à aller très vite et surtout à changer sa trajectoire en fonction des impératifs de la mission.
Les défis scientifiques sont nombreux. D’abord dans le domaine des matériaux. Un missile qui se déplace aux alentours de 8 000 km/h doit être capable non seulement de résister à l’échauffement provoqué par le frottement contre l’air, mais aussi à des facteurs d’accélération capables de mettre sur le flanc les centrales inertielles classiques, c’est-à-dire les systèmes supposés assurer le guidage de l’engin. Et cela, ce n’est pas un sport de masse. Cette course à l’innovation a des applications pour nous tous car les technologies d’hypervélocité sont par essence duales, c’est-à-dire d’intérêt civil et militaire. Les applications sont nombreuses : des navettes cargo dronisées capables de délivrer des chargements à l’autre bout du monde en quelques heures. Des matériaux résistants à des températures de fusion considérables, avec toutes les applications que l’on peut imaginer. De nouveaux systèmes de propulsion et de guidage.
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