Pouvoir d’achat : un petit bol d’air loin de compenser la hausse de l’inflation

Prime d’activité, aides sociales… Plusieurs dispositifs sont revalorisés à partir du 1ᵉʳ avril. Mais ces coups de pouce restent en deçà de la hausse de l’inflation, notamment due à un important rebond des prix de l’énergie et des produits pétroliers.

C’est un petit bol d’air pour le pouvoir d’achat, avec plusieurs bonnes nouvelles à partir de ce 1er avril 2026. Tout d’abord, la prime d’activité est revalorisée de 50 euros en moyenne à compter pour près de trois millions de ménages. Le plafond de la bonification individuelle pour les travailleurs augmente. Il passe de 184,27 euros à 239 euros.

Le gouvernement donne l’exemple d’une femme élevant seule ses deux enfants et gagnant 2 068 euros net par mois. Avant la réforme, elle ne touchait pas la prime d’activité ; à partir d’avril, elle touchera 68 euros par mois. Un couple avec deux enfants et un seul salaire s’élevant à 1 854 euros passera, lui, de 436 euros de prime d’activité à 490 euros, soit une hausse de 54 euros mensuels.

Selon la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), le montant moyen de la prime d’activité par foyer s’élevait en 2024 à 190 euros par mois. Au troisième trimestre 2025, 4,52 millions d’allocataires percevaient cette prime, selon le gouvernement, qui précise que son coût s’est élevé à 10,7 milliards d’euros en 2024.

Les aides sociales et le barème de l’impôt sur le revenu revalorisés de 0,9 %

Dans le même temps, les aides sociales bénéficient d’un coup de pouce à partir de ce mercredi. « Revenu de solidarité active (RSA), allocation aux adultes handicapés (AAH), aide personnalisée au logement (APL) et allocations familiales seront revalorisés à hauteur de l’inflation moyenne de l’année 2025, soit 0,9 % », indique le gouvernement sur son site.

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C’est par ailleurs bientôt le coup d’envoi de la campagne de déclaration des revenus 2025, dont le barème, indexé sur l’inflation, est également revalorisé de 0,9 % en 2026. « À partir du 9 avril, vous pourrez vérifier et compléter en ligne votre déclaration préremplie. Selon les départements, vous aurez de six à huit semaines pour le faire », prévient le gouvernement.

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Autre bonne nouvelle : « En avril 2026, le prix repère du gaz naturel baisse de 0,70 % par rapport à mars, soit 0,1 centime par kilowattheure », indique sur son site le médiateur de l’énergie, qui rappelle que « depuis la suppression des tarifs réglementés de vente de gaz naturel (TRVG) le 30 juin 2023, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a instauré un dispositif de prix repère ».

Enfin, 3,8 millions de foyers sont censés recevoir automatiquement le chèque énergie ce mercredi. Cette aide annuelle, qui s’élève en moyenne à 150 euros, est destinée aux plus modestes pour payer leurs factures d’électricité, de gaz ou de fioul. Le gouvernement a par ailleurs identifié 700 000 foyers bénéficiaires supplémentaires, qui pourront à leur tour le recevoir le 1er mai.

Hausse de l’inflation à 1,7 % en mars

Mais ce bol d’air ne compense pas l’inflation, qui a accéléré à 1,7 % sur un an en mars, après 0,9 % en février, selon l’Insee ce mardi. Cette hausse s’explique par le rebond des prix de l’énergie, surtout les produits pétroliers (+7,3 % sur un an). C’est ce qu’indique l’Institut national de la statistique et des études économiques.

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Les économistes s’attendaient à une nouvelle accélération en mars avec les répercussions de la guerre au Moyen-Orient qui a fait grimper le prix des hydrocarbures. Sur un an, les prix des services accéléreraient légèrement comme ceux du tabac, tandis que les prix des produits manufacturés baisseraient plus rapidement que le mois dernier.

L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) augmente de 1,9 % sur un an en mars, après 1,1 % en février. Cet indice permet de comparer l’inflation au sein de la zone euro. La France devrait connaître « un net regain d’inflation », qui « franchirait les 2 % au cours du printemps », selon une note de l’Insee la semaine dernière.

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