“Si Trump échoue en Iran, Poutine et Xi en tireront des conclusions” : l’alerte de Seth Cropsey

Même les plus fins observateurs de la Maison-Blanche ont du mal à suivre les volte-faces de son locataire. Alors que Donald Trump laisse encore la porte ouverte à des discussions directes avec Téhéran, il a affirmé le 1er avril que le conflit pourrait prendre fin prochainement — y compris sans accord avec le régime. “Nous allons partir très bientôt”, a-t-il déclaré devant les journalistes, évoquant un horizon assez flou qui pourrait être “d’ici deux semaines (…) peut-être trois”. Un peu plus tard, dans une autre interview accordée au Daily Telegraph, le républicain a agité le spectre d’un départ de l’Otan en cas de refus des pays européens d’aider à débloquer le détroit d’Ormuz. “Je n’ai jamais été influencé par l’Otan. J’ai toujours su que c’était un tigre de papier, et le président russe Vladimir Poutine le sait aussi, d’ailleurs”, a-t-il affirmé.

LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

Depuis plusieurs jours, des médias américains rapportent que le Pentagone se préparerait en parallèle à des opérations terrestres, notamment sur l’île de Kharg, le verrou stratégique pétrolier iranien. Un scénario qui ferait franchir un nouveau palier à la guerre au Moyen-Orient. A en croire Seth Cropsey, lieutenant commandant dans l’US Navy de 1985 à 2004, le président américain n’a pourtant pas d’autre option s’il veut remplir certains objectifs de guerre face à un régime des mollahs particulièrement résilient. Au-delà de la menace nucléaire et du blocage du détroit d’Ormuz, le président joue ici la crédibilité de sa dissuasion, prévient cet ancien haut responsable du Pentagone sous Reagan et Bush. “Si Trump échoue, la Russie et la Chine en tireront des conclusions…”, assure l’actuel président du Yorktown Institute, un think tank basé à Washington. Entretien.

L’Express : Donald Trump a-t-il vraiment vraiment envie de négocier avec l’Iran ou est-ce encore du bluff ?

Seth Cropsey : Le président américain serait sans doute prêt à négocier si l’issue de ces discussions correspondait à ses attentes. Voici celles que je trouverais pertinentes : premièrement, récupérer les 440 kilos d’uranium enrichi à 60 % encore aux mains du régime iranien. Deuxièmement, la capacité de l’Iran à développer des missiles balistiques intercontinentaux doit être totalement neutralisée. Troisièmement, le détroit d’Ormuz doit être rouvert à la navigation internationale (même si cela semble moins l’inquiéter aujourd’hui). Enfin, l’aide financière apportée par l’Iran à ses groupes affiliés dans la région – qui exécutent ses opérations et ses actions terroristes par procuration – doit cesser. Cela représente un ensemble de conditions très exigeantes. Mais à mes yeux, il s’agit du strict minimum.

.

Source link

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *