La Maison Gainsbourg et le musée Gustave-Moreau visés par des plaintes pour « prêt de main-d’œuvre illicite »

Des plaintes pour « prêt de main-d’œuvre illicite et marchandage » présumés, concernant la Maison Gainsbourg et le musée Gustave-Moreau, ont été déposées au tribunal judiciaire de Paris au nom de plusieurs syndicats, a appris l’Agence France-Presse (AFP) mercredi 1er avril de sources proches du dossier.

Ces plaintes ont été portées par les syndicats SUD-Culture et SUD-PTT (qui regroupe les représentants des agents d’accueil) ainsi que l’union Solidaires. Ces syndicats ont l’habitude de dénoncer, au sein d’établissements culturels publics ou privés, les pratiques de prêt de main-d’œuvre illicite et de marchandage, délit défini comme « toute opération à but lucratif de fourniture de main-d’œuvre qui a pour effet de causer un préjudice au salarié qu’elle concerne ».

Depuis « septembre 2024 », les structures chargées de la Maison Gainsbourg sous-traiteraient une partie des activités d’accueil à la SAS Marianne International, agence d’hôtes et d’hôtesses d’accueil, selon la plainte consultée par l’AFP. Ces salariés de la SAS « mis à disposition » seraient « en réalité subordonnés directement », peut-on y lire. Cette « sous-traitance en cascade » aurait pour « corollaire une dégradation des conditions de travail des salariés de la SAS », avec des « plannings régulièrement modifiés ou transmis à la dernière minute » et une absence de « salle de pause ou de restauration ».

La plainte mentionne l’absence « de vestiaires dédiés » et des « lieux d’aisances servant également de local technique ». En outre, ces salariés seraient « embauchés » en « CDD de courte durée, accentuant encore leur précarité ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Grand mal-être dans les musées, entre sous-effectif, précarité et surmenage

Pratique illégale

La plainte visant le musée Gustave-Moreau est portée par les mêmes syndicats, auxquels s’ajoute le SNMD-CGT. On retrouve là encore Marianne International. La plainte pointe une « sous-traitance » entre le musée et la SAS qui « n’est qu’un leurre ». Les salariés de Marianne International subiraient des « conditions de travail dégradées du fait de leur statut de personnel prêté ». Sont là encore cités des CDD, facteurs de « situations de précarité ».

La plainte assure que ces travailleurs étaient embauchés « afin de pallier l’absence de salariés en grève », et donc « contraints à des remplacements au dernier moment » avec des emplois du temps « régulièrement modifiés sans leur accord, les obligeant à être disponibles en permanence ».

« Ce sont deux exemples supplémentaires d’une pratique parfaitement illégale dont beaucoup s’accommodent depuis des années », commente auprès de l’AFP l’avocat Thibault Laforcade, principal défenseur de ces plaintes. « Il n’en demeure pas moins que cette illégalité crée une grande précarité » et que ces plaintes doivent « aider à la disparition de cette pratique », conclut-il.

Lire l’enquête (2024) | Article réservé à nos abonnés Dans les musées, la difficile mission de management

Le Monde avec AFP

Source link