Robotique industrielle : face à la concurrence chinoise, Stäubli doit s’adapter

Il n’y a pas le feu à la maison Stäubli, le groupe suisse de 6 000 salariés qui génère encore 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Mais la suppression de 29 postes (dont 25 opérateurs) au sein de son bastion robotique, situé près du lac d’Annecy en Haute-Savoie, est révélatrice d’un malaise du secteur, fragilisé par une concurrence chinoise désormais omniprésente.

Ces suppressions de postes ont été actées récemment dans le cadre du plan de gestion des emplois et des parcours professionnels du site, négocié avec les représentants du personnel. Un accompagnement et des reclassements vont être proposés, promet la direction.

S’adapter aux nouvelles conditions de marché

Ce site de Faverges en Haute-Savoie est stratégique pour l’industriel suisse : il est non seulement son plus important site de production en France avec 1 700 collaborateurs (répartis entre les divisions robotique, machines textile et connecteurs industriels) mais il est aussi son site principal concernant son activité de fabrication de robots pour l’industrie.

Après une explosion de son activité en post-Covid, portée par les efforts de réindustrialisation européens, il doit désormais affronter un contexte de marché bien moins réjouissant. « En post-Covid, le marché de la robotique industrielle s’était emballé, nous avions beaucoup recruté. Désormais, nous revenons à une forme de normalisation », observe Laurence Tible, la directrice de Stäubli Faverges.

Et puis (et surtout), les cadors de la robotique industrielle en Europe, – parmi lesquels figurent donc Stäubli aux côtés de Fanuc, ABB et Kuka notamment -, sont de plus en plus menacés par les industriels chinois. Ceux-ci étant portés non seulement par la politique de soutien financier de leur gouvernement mais aussi par leur marché local gigantesque (premier marché mondial de la robotique) leur assurant des effets de volume dont ne bénéficient pas forcément les autres acteurs.

« La concurrence chinoise s’est considérablement amplifiée ces dernières années. Ces acteurs pratiquent des politiques tarifaires très agressives ! C’est difficile à prouver mais c’est à se demander s’ils ne pratiquent pas des ventes à perte afin de prendre des positions. Jusqu’à encore peu, nous arrivions à les contrer par une offre bien plus technique et haut de gamme, mais ils ont aujourd’hui beaucoup gagné sur ce point », pointe Laurence Tible.

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