Industrie : « Nous créons des emplois sans être en mesure de loger les salariés »

Après l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Bretagne, c’est désormais la région Sud qui s’interroge sur les besoins en logement des huit territoires d’industrie de son territoire, dévoilés par l’étude du Centre économique régional de la construction (CERC) Paca* publiée début 2026. Le sujet n’est certes pas nouveau. L’angle d’attaque, un peu plus. Et l’objectif, clairement affiché : déplacer le curseur de l’aménagement du territoire vers la prise en compte des besoins liés à la réindustrialisation, incarnée par programme national lancé en 2018 et renforcé en 2023.

« Le programme Territoires d’Industrie n’est pas un label, c’est une méthode pour lever les freins à la réindustrialisation. Or, celle-ci ne se décrète pas depuis Paris, elle se construit depuis les territoires, là où on produit », rappelle Marcel Ragni, président de l’UIMM Sud-Paca et de l’UIMM Alpes-Maritimes-Corse où l’industrie représente plus de 31 000 emplois pour plus de 2 200 établissements employeurs. Une base solide, au PIB supérieur à celui du tourisme, qui montre un dynamisme certain avec, depuis 2024, la création de 1 100 entreprises industrielles.

A Grasse, trente projets dans les tuyaux

En témoigne le développement du bassin Grasse / Cannes / Sophia Antipolis, l’un des deux territoires d’industrie de la Côte d’Azur, où les projets pullulent. Ils sont portés à la fois par l’écosystème numérique de la première technopole d’Europe, Sophia Antipolis, et la filière arômes et parfums du Pays de Grasse, où une trentaine de constructions et d’extensions d’usines sont dans les tuyaux. Parmi elles, pêle-mêle, l’édification du pôle naturel du géant suisse Givaudan (60 millions d’euros d’investissement), l’extension-modernisation du centre de production LMR Naturals de l’américain IFF (10 millions d’euros) ou encore la transformation du site industriel de Parfex (16 millions d’euros), passé sous giron britannique en 2021. Ce mouvement ne se limite pas aux grands groupes du secteur, les PME locales aussi investissent, à l’instar de l’entreprise familiale Payan Bertrand, qui vient de mettre sur la table une enveloppe de 12 millions d’euros pour ériger un nouveau site de production.

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