Si depuis plusieurs mois, l’ombre de 2027 planait sur les élections municipales, les prétendants à l’Elysée peuvent désormais profiter de toute la lumière. A peine les tracts remballés, les voilà repartis en campagne… pour être candidat à la fonction suprême. Car l’échéance suscite un intérêt historique : à plus d’un an du premier tour de l’élection présidentielle, ils sont une dizaine à briguer le Palais. Sauf que, face à la popularité du Rassemblement national, les candidats sont conscients que diviser les bulletins est un jeu plus que dangereux. Désormais, il faut donc les départager. Dans les pages de La Tribune du dimanche, 90 personnalités de droite et du centre ont appelé à l’union ce 29 mars. Une primaire ? Pourquoi pas, mais difficile de se mettre d’accord sur la stratégie. L’Express vous explique qui veut quoi, de droite à gauche.
Du côté des extrêmes, la question a déjà été tranchée : c’est non. Pour le Rassemblement national et la France insoumise, pas question de discuter. Les deux partis se présenteront seuls, quoi qu’il en coûte. Une seule question reste en suspens : qui représentera le parti à la flamme ? La décision sera prise le 7 juillet, en même temps que celle de la cour d’appel de Paris. Si l’instance judiciaire maintient la peine d’inéligibilité de Marine Le Pen, Jordan Bardella sortira du banc. Côté LFI, les électeurs trouveront – pour la quatrième fois – un bulletin à l’effigie de Jean-Luc Mélenchon à l’entrée de l’isoloir.
La droite divisée
Dans la “grande famille de la droite”, plus difficile de se mettre d’accord. Car avant de s’accorder sur une éventuelle primaire, de nombreux points restent à éclaircir. Avec qui s’allier ? Faut-il ouvrir l’élection du futur candidat au centre ? A l’extrême droite ? Comment organiser le vote ? Malgré toutes ces interrogations, le président des Républicains, Bruno Retailleau tranchait sur France 2 le 23 mars : il sera candidat à l’élection présidentielle “dans tous les cas”. Le lendemain, le bureau politique de son parti précisait : il y aura un vote interne en avril.
Trois options s’offriront aux adhérents : valider d’ores et déjà la candidature de Bruno Retailleau, organiser une primaire réservée aux adhérents ou, ouvrir cette primaire aux sympathisants. Une déclaration qui n’a pas fait que des heureux au sein du parti. Si plusieurs cadres ont souligné l’importance de désigner un candidat au plus vite, d’autres n’ont pas hésité à exprimer publiquement leur opposition.
Au micro de France Inter, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France et candidat malheureux à la dernière primaire LR en 2021, refuse de rentrer “dans une logique qui consiste à dire que ce sont les partis qui sélectionnent”. Reste à savoir sous quelle étiquette celui qui a déjà officialisé sa candidature pour 2027 participera à la course.
Au micro de BFMTV, mercredi 25 mars, David Lisnard, lui-même prétendant à l’Elysée, a annoncé claquer la porte du parti, cinglant “un vote biaisé, […] truqué”. Le maire de Cannes s’était positionné en faveur d’une “grande primaire ouverte” allant de Gabriel Attal à Eric Zemmour, en passant par Edouard Philipe. Ce projet avait reçu le soutien de Laurent Wauquiez, rival interne de Bruno Retailleau. Pourtant, les principaux intéressés ne semblent pas enchantés par la proposition. Gabriel Attal assure pour l’instant ne “fermer la porte à personne” sauf à ceux qui discutent avec les extrêmes. Quant au maire du Havre, il “ne croit pas à la primaire”. Problème réglé.
L’arlésienne d’une union des gauches ?
2027 sera-t-elle l’année de l’union des gauches ? Différentes forces politiques se sont réunies en janvier, à Tours, pour en débattre. Marine Tondelier (Les Écologistes), Olivier Faure (Parti socialiste), François Ruffin (Debout) ou encore Clémentine Autain (L’Après) s’étaient mis d’accord pour une “primaire unitaire” le 11 octobre prochain. Le but ? Désigner un candidat de gauche commun pour faire face à la France insoumise.
Une nouvelle réunion a été organisée le 23 mars. Sauf que depuis, il y a eu les municipales et les cadres socialistes semblent rétropédaler. Affaibli en interne par des accords PS-LFI peu fructueux, Olivier Faure préfère désormais parler de “processus” que de “primaire”. Dans les rangs du parti à la rose, on opère un repli sur soi et on préfère désigner un candidat en interne, allant du PS à Raphaël Glucksmann. Quant à François Hollande, qui laisse toujours planer le doute sur un éventuel retour dans la course, il tranche : une primaire serait une perte de temps.

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