Un nouveau bras de fer énergétique se dessine dans les Caraïbes. Le tanker Anatoly Kolodkin, sous sanctions américaines, se dirige vers le port de Matanzas avec à son bord environ 730.000 barils de pétrole, selon des données de suivi maritime.
Cette livraison intervient dans un contexte de pénurie aiguë. Cuba n’a plus importé de pétrole depuis début janvier, après l’arrêt des livraisons mexicaines sous pression de la Maison Blanche.
L’île est confrontée à des coupures d’électricité pouvant durer plus de 20 heures, avec plusieurs blackouts nationaux recensés depuis 2024. Pour tenter d’y faire face, le président Miguel Díaz-Canel a instauré des mesures strictes de rationnement. Les prix des carburants ont fortement augmenté, les transports publics ont été réduits et certaines compagnies aériennes ont suspendu leurs liaisons vers Cuba.
Le cargo russe intervient en contradiction avec la politique américaine. Le 19 mars, les États-Unis ont rappelé que le pétrole russe ne pouvait pas être livré à Cuba, malgré un assouplissement partiel des sanctions visant Moscou.
Depuis la chute de Nicolás Maduro en janvier, Cuba a perdu son principal fournisseur de pétrole, aggravant une situation déjà critique.
Dans ce contexte, le rapprochement entre Russie et Cuba s’intensifie. Moscou a indiqué être en discussion avec La Havane pour soutenir l’île, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues.

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