Les négociations s’intensifient à Yaoundé, où les 166 membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) tentent de conclure un accord sur la réforme de l’institution, fragilisée par les tensions géopolitiques et la montée du protectionnisme. Dimanche, au dernier jour de la conférence ministérielle, les discussions semblaient progresser vers un compromis, sans garantie d’aboutir.
Au cœur des échanges : l’élaboration d’un plan d’action destiné à relancer une organisation en crise, alors que les blocages se multiplient et que la guerre au Moyen-Orient perturbe les échanges mondiaux. Après plusieurs jours de négociations, les ambassadeurs ont réussi à s’accorder sur un projet de texte, qui prévoit d’« intensifier » les travaux pour aboutir à des recommandations concrètes d’ici à la prochaine ministérielle.
L’issue dépend toutefois d’un point de friction majeur entre États-Unis et Inde : la question des droits de douane sur le commerce électronique. Depuis 1998, un moratoire interdit leur application, mais son renouvellement divise.
Washington pousse pour une prolongation permanente, tandis que plusieurs pays en développement, emmenés par New Delhi, redoutent une perte de recettes fiscales. Une solution intermédiaire est sur la table : une prolongation de cinq ans, jusqu’au 30 juin 2031, assortie d’un réexamen un an avant son expiration.
Au-delà de ce point, le projet de texte reste peu détaillé sur le fond de la réforme. Les discussions portent principalement sur trois axes : la prise de décision au sein de l’OMC, le traitement différencié des pays en développement et les conditions de concurrence. Autre dossier sensible : le mécanisme de règlement des différends, longtemps considéré comme le pilier du système commercial multilatéral. Son organe d’appel est paralysé depuis 2019, les États-Unis bloquant la nomination de nouveaux juges.
Faute de consensus, l’OMC peine depuis des années à conclure des accords structurants. La règle de l’unanimité entre ses membres complique toute avancée, dans un contexte international marqué par les rivalités commerciales et le retour des politiques protectionnistes.
La prochaine conférence ministérielle n’a pas encore de date, mais Arabie saoudite s’est déjà portée candidate pour l’accueillir.

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