À quelques semaines des élections municipales, Bruno Retailleau a dîné en tête à tête avec François Baroin. Entre le chef des Républicains et l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, par deux fois recours présidentiel évanoui de son camp, le contact a toujours été fluide. Déjà en novembre, au Salon des maires, le second s’est montré prévenant à l’endroit du premier, fragilisé par son départ maladroit du gouvernement Lecornu. Fin février, ce sont les dissensions internes à LR autour de la candidature Retailleau à l’Élysée que François Baroin avait en ligne de mire : « Ne t’inquiète pas, je t’épaulerai. »
Promesse tenue mardi 24 mars. En bureau politique, la parole du chiraquien a marqué l’assistance. Il vilipende le macronisme, rejette l’idée d’une primaire élargie à ses héritiers et refuse tout rapprochement avec Édouard Philippe. « Je n’oublie pas les juppéistes qui en 2017 dealaient avec Macron avant la fin de la campagne Fillon », a grincé l’édile de Troyes. Bruno Retailleau est ravi de son intervention, sans être dupe. « Baroin veut revenir dans le jeu, éclaire un proche du sénateur de la Vendée. Est-ce qu’il se voit récupérer la mise si ça ne marche pas pour Bruno ? »
C’est dans leur nature. Les Républicains ont beau avoir décliné au plan national, les ambitions personnelles s’y chevaucheront ad vitam. Leur président, si bien élu en 2025 mais accusé désormais par certains cadres d’être ambigu vis-à-vis de l’extrême droite, dégage la piste de son parcours élyséen.

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