Derrière la guerre militaire entre l’Iran et la coalition américano-israélienne, une autre guerre, elle, plus économique. L’indice le plus flagrant de son existence apparaît dans une lettre publiée ce mardi par les gardiens de la révolution, via l’Organisation maritime internationale : les « navires non hostiles » et ceux qui « n’appartiennent pas à ou ne sont pas associés à » Israël, aux États-Unis et à d’autres « agresseurs » peuvent franchir le détroit d’Ormuz, peut-on y lire. Et ce, « sous réserve du respect (…) des réalités découlant du conflit en cours ».
Si les modalités de ce nouveau droit de passage, et la liste des pays qui en bénéficient, restent encore à éclaircir, de nombreux observateurs ont déjà deviné les premiers gagnants : les pays du continent asiatique, ultra dépendants du pétrole brut vendu par les États du Golfe. À commencer par la Chine, allié économique de l’Iran, mais aussi l’Inde, ainsi que les nations du sud-est asiatique (Philippines, Indonésie, Malaisie, etc).
Payer en yuan, cette modalité surprise des Iraniens
Mais ce que les gardiens du régime de Téhéran se sont bien gardés de préciser est cette information révélée par la chaîne de TV américaine CNN : pour passer par le détroit d’Ormuz, les pétroliers devront aussi régler leurs transactions en yuan, la monnaie nationale chinoise. Une belle faveur accordée à Pékin. Des négociations discrètes auraient même eu lieu pendant le mois de mars.
En sachant que le paiement en yuan est déjà pratiqué par certains Etats lorsqu’ils vendent leurs barils directement à la Chine, à l’instar de la Russie, du Brésil, du Venezuela ou de l’Indonésie. Ou encore l’Arabie saoudite, qui vend à ce jour quatre fois plus de pétrole à Pékin qu’à Washington.

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