Un drone russe avait perforé le sarcophage de Tchernobyl: sa réparation va coûter “aux alentours de 500 millions d’euros” pour contenir la radioactivité

La réparation de l’arche de protection de Tchernobyl, endommagée par un drone russe en 2025, est estimée à environ 500 millions d’euros.

Le coût de la restauration de l’arche du sarcophage de Tchernobyl (Ukraine), endommagé l’an passé par un drone russe, s’élève “aux alentours de 500 millions d’euros”, a annoncé jeudi le ministre français des Affaires étrangères.

En février 2025, la structure métallique installée en 2016 recouvrant le réacteur qui avait explosé en avril 1986 avait été perforée par un drone russe. Cette structure protège un premier sarcophage construit par les Soviétiques.

“Ce soir, nous avons présenté le premier bilan financier des destructions provoquées par ce drone qui se chiffrent aux alentours de 500 millions d’euros”, a déclaré Jean-Noël Barrot lors d’un point presse à l’issue de la première journée de la réunion des ministres du G7.

“Le G7 doit jouer un rôle de catalyseur dans la levée de fonds, en lien étroit avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), dont la présidente viendra nous présenter son projet tout à l’heure”, a-t-il ajouté. M. Barrot préside la réunion du G7 qui s’est ouverte jeudi après-midi à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet et à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

Son homologue américain Marco Rubio, retenu à Washington alors que les États-Unis sont engagés aux côtés d’Israël dans une guerre contre l’Iran, doit se joindre aux discussions vendredi.

Le “Nouveau confinement sûr” (NSC), une immense arche d’un coût de 1,5 milliard d’euros construite en 2019, a été conçu comme une structure multicouche destinée à recouvrir le sarcophage existant et à résister à des conditions extrêmes, telles que l’humidité, les radiations, la chaleur ou même une tornade de catégorie 3.

Son objectif était d’offrir à l’Ukraine et à la communauté internationale le temps nécessaire pour élaborer une solution durable concernant les restes du réacteur et les matériaux radioactifs présents sur le site.

190 tonnes de combustible

Assemblé en deux parties puis déplacé grâce à des rails et des vérins hydrauliques, l’ouvrage avait été pensé pour durer environ cent ans. Cependant, ses concepteurs n’avaient pas envisagé un contexte de guerre de grande ampleur, ni l’attaque par drone survenue en février 2025.

Les vestiges du réacteur n°4 comprennent notamment le cœur endommagé ainsi qu’environ 5.000 tonnes de sable, de plomb et d’acide borique déversées par hélicoptère après l’accident. Selon la BERD, près de 190 tonnes de combustible à base d’oxyde d’uranium s’y trouvent encore. Dans les parties inférieures, on observe également des masses de combustible solidifié, comparables à de la lave, mêlées à des débris d’acier et de béton fondus.

L’attaque de drone survenue l’an dernier n’a entraîné aucune fuite radioactive, selon les autorités, mais elle a fortement endommagé l’arche de protection. Les impacts et les ouvertures réalisées par les secours ont notamment perturbé le système de ventilation du Nouveau confinement sûr (NSC), essentiel au maintien des conditions internes de la structure.

Conçu pour limiter l’humidité et prévenir la corrosion du métal tout en maintenant une pression stable, ce système jouait aussi un rôle clé dans le confinement des substances radioactives. Désormais affaibli, il compromet plusieurs fonctions majeures du NSC, notamment la capacité à contenir la radioactivité et à offrir un environnement sécurisé pour le démantèlement du sarcophage, avec un risque croissant de dégradation de la structure dans les années à venir.

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