Le site avait déjà suspendu son activité un mois entre décembre et janvier: le géant de l’acier Thyssenkrupp va fermer pour l’été son usine du Pas-de-Calais qui emploie 1.200 salariés

Thyssenkrupp a annoncé ce jeudi que son usine française à Isbergues, dans le Pas-de-Calais serait fermée cet été. L’acier ne rebondit toujours pas, freiné par les droits de douane et une demande trop faible.

Que vont faire les 1.200 salariés de l’usine Thyssenkrupp d’Isbergues durant l’été. Ces employés nagent dans l’inconnu ce jeudi, alors que l’Allemand a annoncé fermer leur site dans le Pas-de-Calais de juin à septembre. La faute à une situation “critique”, selon la marque, sur le marché de l’acier, en grande difficulté ces derniers mois.

Cette fermeture succède à une autre, dans l’Ouest de l’Allemagne, à Gelsenkirchen. Depuis janvier, l’usine de grains orientés, crucial pour transporter l’énergie utilisée dans les transformateurs électriques et les éoliennes, ne tournait qu’à 50% de ses capacités.

“Face à l’afflux ruineux d’importations à bas coût, nous n’avons pas d’autre choix que de suspendre de nouveau la production”, a déclaré Angelo di Martino, président du directoire de Thyssenkrupp Electrical Steel, estimant que les prix pratiqués par certains pays étaient “parfois nettement inférieurs aux coûts de production européens”.

Un plan de sauvetage de l’acier européen approuvé avant l’été

Selon le groupe, cette fermeture partielle est indispensable pour “stabiliser” l’entreprise, confrontée à une chute brutale des commandes. Depuis 2022, les importations d’acier dans l’UE ont triplé et représentent désormais plus de la moitié du marché, provoquant une sous-utilisation massive des capacités de production européennes, selon Thyssenkrupp.

Le groupe dit “tout mettre en oeuvre” pour préserver l’emploi, tout en appelant Bruxelles à instaurer “sans délai” des “mesures de sauvegarde efficaces”, inexistantes à ce jour. Les 27 et le Parlement européen doivent approuver d’ici fin juin le plan de sauvetage de l’acier proposé fin 2025 par la Commission européenne, qui prévoit un doublement des droits de douane sur les importations d’acier au sein de l’UE.

Les États-Unis ont eux aussi porté leurs taxes douanières à 50% pour le secteur, dans le sillage des droits de douane instaurés par Donald Trump. Le Royaume-Uni, où la situation de l’acier laisse aussi craindre des milliers de suppressions d’emplois, a lui aussi adopté une posture protectionniste.

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