Le “no a la guerra” de Pedro Sanchez, un slogan creux et dangereux, par Manuel Valls

Pedro Sanchez, le Premier ministre socialiste espagnol, est devenu la coqueluche d’une partie de la gauche européenne et de la presse. Son “No a la guerra” pour s’opposer à l’intervention israélo-américaine en Iran veut imposer une ligne politique irréfutable, un marqueur moral et une signature diplomatique.

La dimension intérieure est essentielle afin de comprendre ce slogan simplificateur pour un gouvernement sans majorité, sans budget, entaché par des affaires de corruption et défait dans tous les scrutins intermédiaires. Pedro Sanchez cherche à mobiliser une mémoire collective puissante et à structurer un clivage politique qu’il espère efficace en opposant une Espagne de la vertu à une opposition renvoyée à des choix passés.

Gouverner n’est pas rejouer les fractures du passé

Son prédécesseur de centre droit, José Maria Aznar, avait soutenu, au nom de la solidarité transatlantique, l’intervention américaine et britannique en Irak en 2003. Un an après, Madrid était frappé par des attentats revendiqués par Al-Qaeda, provoquant la mort de 192 personnes. Ils avaient précipité la victoire des socialistes quatre jours après, lors d’élections pourtant imperdables pour le Parti populaire.

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