REPORTAGE – Dahiyé est pilonnée sans relâche depuis trois semaines. Fief du Hezbollah, son histoire a épousé celle du parti-milice et de ses conflits avec l’État hébreu.
À l’abri de l’auvent d’une boutique fermée par de lourdes grilles, cinq hommes en noir épient les quelques passants qui s’approchent du quartier de Haret Hreik sans oser s’y enfoncer. En face, la pluie tombe dru et percute les milliers de morceaux de verre éclatés sur la chaussée. Un instant, le tonnerre gronde. Le groupe se fige et sonde les nuages, aux aguets. Avec ou sans tempête, le ciel inquiète. Depuis trois semaines et la reprise de la guerre avec Israël, les missiles n’ont cessé de s’écraser de l’autre côté de la barrière de fer qui marque l’entrée de Dahiyé, la banlieue sud de Beyrouth, sans cesse pilonnée.
L’installation a été montée là pour dissuader tout passage. Pour des raisons de sécurité, plus personne, ou presque, n’est autorisé à entrer. Des voisins « vigilants », affiliés au Hezbollah, ceux-là mêmes qui, vêtus de noir, scrutent les sorties et les entrées, sont ici pour le rappeler. « À l’intérieur, même les rats sont susceptibles de se faire tuer », justifie…

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