Dans la crise que subit le secteur viticole de plein fouet, les appellations ne subissent définitivement pas le même sort. « Le vin rouge souffre le plus », introduit François-Xavier Druart, directeur des filières affinitaires à la Caisse d’Épargne Côte d’Azur (CECAZ), en faisant la liste des plus touchés : les vins de Bordeaux, le Côtes du Rhône, les vins du Languedoc. Le rosé, qui représente environ 90% des vins de Provence, résiste bien, admet celui qui était directeur du centre d’affaires multi-marchés de la même banque.
Pour autant, il est indéniable que les dynamiques de marché sont bousculées par la crise viticole qui sévit. Avec pour raisons, la baisse de la consommation de vin, les aléas climatiques, les bouleversements géopolitiques, l’incertitude économique et politique. « Jusqu’en 2024, sur les Côtes de Provence, nous étions sur un marché avec pas mal de transactions. De gros acteurs achetaient des domaines, le marché était assez actif et nous mettions en place des financements de long terme qui visaient à acquérir ces domaines », se remémore François-Xavier Druart. Mais depuis deux ans, force est de constater que la donne a changé. Moins de transactions, donc moins de financements de long terme. Pour autant, l’établissement bancaire l’assure, devant le vieillissement de la population, viendra le renouvellement de génération et dans son sillon, le financement de reprise des domaines. En attendant, ce sont des financements de courts et moyens termes qui sont favorisés, notamment des investissements matériels : modernisation des équipements, adaptation au climat et à l’environnement « pour que les viticulteurs montent en qualité sur la valeur environnementale de leur exploitation, 30% du vignoble des vins de Provence étant reconnue HVE (pour haute valeur environnementale, NDLR) », mais également le financement des activités de diversification. Enfin, les sujets de trésorerie classique qui incombent à ce secteur qui connaît peu de rentrées de trésorerie mais des charges sur la moitié de l’année, des vendanges de la fin de l’été à la vente au printemps. Un calendrier périodique que soutiennent les banques. « Nos encours de financement restent stables autour de 70 millions d’euros par an. Il y a un changement dans la typologie des financements, mais l’activité de financement ne s’est pas arrêtée », résume François-Xavier Druart.

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