Olivier Faure et les municipales : contradictions, manque de flair et capital esquinté

Olivier Faure est un personnage soumis aux interprétations… passionnées. On a connu l’unioniste pour son inféodation aux insoumis. On a reconnu le rocardien pour son mano à mano budgétaire avec Sébastien Lecornu. Alors comment définir l’homme politique, par-delà la plasticité stratégique ? Comment décrire celui qui paraphe un communiqué dénonçant les propos antisémites de Jean-Luc Mélenchon puis, quelques jours plus tard, avalise l’union dans certaines villes de France entre le PS et LFI ? Il existe tant de façons de dire les mêmes choses. Par exemple, il serait un premier secrétaire “sans états d’âme”, selon son prédécesseur, Jean-Christophe Cambadélis. Les fidèles du dirigeant du Parti socialiste pensent un peu pareil, mais le disent, eux, en toute amitié. “On pense parfois que son principal défaut, c’est qu’il navigue à vue. C’est en réalité sa principale qualité : il s’adapte à chaque situation du moment que cela sert l’objectif qu’on s’est fixé”, analyse Luc Broussy, l’un de ses plus proches lieutenants. En politique, Olivier Faure a donc les qualités de ses défauts, et un instinct de survie redoutable.

“Les élections servent aussi à vérifier des stratégies”

Et puis son flair lui fit défaut. Dimanche 22 mars, les listes d’union des socialistes avec les insoumis, celles qu’il a laissées faire, ont été majoritairement battues. Quand les mélenchonistes en tête ont tendu la main aux socialistes, à Limoges ou à Toulouse, les candidats de droite ont été élus ou réélus dans leurs mairies respectives. Lorsque les roses ont compté sur l’union avec les listes de La France insoumise pour conserver leur trône sous pavillon à Clermont-Ferrand ou Avignon, ils ont aussi été délogés par la droite. La réélection dans cette même configuration de Johanna Rolland à Nantes, elle, demeure une exception au tableau. Les insoumis portent-ils malheur ?

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À travers cette dynamique, c’est le Parti socialiste tout entier que ces élections municipales ont mis face à ses contradictions. “La direction a souvent le dos large pour assumer ce que les gens localement n’assument pas trop”, soufflait un proche du premier secrétaire, au lendemain du premier tour, face aux accusations en inféodation dont le patron était la cible. Après tout, l’ami de François Hollande François Cuillandre, un anti-LFI chevronné, a également donné dans l’alliance avec les diables mélenchonistes. Est-ce l’usure du pouvoir après 25 ans de règne, ou sa main tendue à sa némésis locale à bâbord qui a rendu la victoire impossible ? Quelques jours avant le second tour, devant la presse, Pierre Jouvet admettait la portée expérimentale de telles alliances : “Si l’on perd des villes avec ces configurations, on en tirera les conséquences. Les élections servent aussi à vérifier des stratégies”. “Ce soir, La France insoumise ne gagne rien et, pire, elle fait perdre la gauche”, a-t-il dit au lieutenant insoumis Paul Vannier, sur un plateau télévisé.

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